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Vivre quitte à mourir?

Nicolas Bedos
Photo courtoisie L’acteur et réalisateur français, Nicolas Bedos.

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L’acteur et réalisateur français Nicolas Bedos a du talent à revendre.

Sa comédie romantique La belle époque, qui raconte les aventures d’un septuagénaire qui revit sa jeunesse grâce à une entreprise spécialisée dans les reconstitutions historiques, est un véritable bijou.

Mais le 24 septembre, le réalisateur du futur OSS 117 s’est mis le pied dans la bouche.

« EMBRASSONS-NOUS, CREVONS »

« Arrêtez tout, a-t-il écrit sur son compte Instagram. TOUT. Les masques. Les confinements. Vivez à fond, tombez malades, allez aux restaurants, engueulez les flicaillons, contredisez les lâches directives gouvernementales.

« Nous devons désormais vivre quitte à mourrir (sic). On arrête d’arrêter. On vit. On aime. On a de la fièvre. On avance. 

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« Vivons à fond, embrassons-nous, crevons, ayons de la fièvre, toussons, récupérons, la vie est une parenthèse trop courte pour se goûter à reculons... »

Comme on pouvait s’y attendre, la sortie de Nicolas Bedos n’a pas fait l’unanimité.

« Je pourrais comprendre ce type de réflexion si elle importait des conséquences sur sa seule santé, a répondu le ministre de la Santé français. On ne peut pas imposer aux gens de prendre soin d’eux malgré eux, mais on peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux.

« Vivre quitte à en mourir c’est une phrase que l’on peut lancer à l’emporte-pièce sur un blog, un compte Instagram. On peut faire un effet de tribune ou c’est peut-être un exutoire personnel. 

« Je pense que dans notre période on doit être extrêmement attentifs, surtout quand on a beaucoup d’écoute autour de soi, à notre façon de nous exprimer et aux messages que nous véhiculons... »

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LE VIRUS DE LA CONNERIE

Dans son message, Nicolas Bedos a écrit « mourrir » au lieu de « mourir ».

Ce qui lui a valu une vanne particulièrement bien sentie d’une journaliste du magazine L’Obs : « Le lamentable message de Nicolas Bedos est l’occasion de rappeler que “mourir” ne prend qu’un r (et non deux, comme semble le croire notre grand comique). 

« Moyen mnémotechnique : on ne meurt qu’une fois. Du covid ou d’autre chose. Mais, malheureusement, ni de connerie ni du ridicule. »

Éric Rochant, le créateur de la série à succès Le bureau des légendes, ne s’est pas gêné lui non plus pour éreinter l’acteur-réalisateur. 

« À ceux qui s’offusquent et même refusent de voir restreinte leur liberté de boire ou faire la fête, si par malheur ils doivent être hospitalisés, ils pourront toujours bravement s’y opposer, mais le personnel soignant débordé, exténué, ne pourra s’abstenir de les sauver. »

C’est une chose de critiquer la façon dont nos gouvernements (celui de la France, du Canada ou du Québec) gèrent la pandémie.

Mais encourager les gens à bafouer les mesures de protection et à « s’embrasser quitte à [mourir] » ?

Faut être sacrément irresponsable ! 

PARTIE DU PROBLÈME

Monsieur l’artiste ne se rend pas compte que c’est à cause de gens comme lui que la crise perdure ?

Plus il y aura de Nicolas Bedos qui préfèrent « crever » plutôt que faire preuve de prudence et d’altruisme, plus le virus va se propager, plus le système de santé va craquer et plus les autorités devront restreindre nos libertés ! Cet homme croit faire partie de la solution... alors qu’il fait au contraire partie du problème !