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Bergevin encense BriseBois

Le directeur général du Canadien reconnaît le bon travail de son homologue du Lightning

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Photo AFP Après la débâcle du printemps 2019, Julien BriseBois (à gauche) a réitéré sa confiance en son entraîneur Jon Cooper, qui a soulevé la coupe Stanley lundi.

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Il y a toujours un respect et une amitié au sein de la petite confrérie des 31 directeurs généraux de la LNH. Au lendemain de la conquête de la coupe Stanley par le Lightning de Tampa Bay, Marc Bergevin a salué le travail de Julien BriseBois. 

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« J’ai texté Julien ce matin [mardi] pour le féliciter, a raconté Bergevin dans une généreuse entrevue accordée au Journal de Montréal. Il a gagné la coupe Stanley, c’est une mission très difficile. Il y a 31 équipes dans la LNH, mais juste un vainqueur. 

« En 2015, le Lightning avait perdu en finale contre les Blackhawks de Chicago. Tampa a eu besoin de cinq ans avant de retourner en finale. En 2015, le Lightning avait déjà une très bonne équipe. Mais il y a tellement de parité dans la LNH. Ce n’est pas facile de gagner. Ils ont finalement réussi. Alors chapeau à toute l’organisation ! »

Le Lightning a également eu besoin de trébucher pour mieux se relever. Jon Cooper a parlé plus d’une fois des leçons apprises au printemps 2019. BriseBois avait aussi décrit l’élimination contre les Blue Jackets de Columbus comme un moment déterminant pour son organisation. 

Patience

BriseBois a usé de sagesse et de patience avec son équipe. Jamais il n’a cédé à la tentation de changer drastiquement l’image de son équipe. Quand on a parlé de cet élément avec Bergevin, le DG du CH a offert une réplique très intéressante. 

« Tu retires les mots de ma bouche en parlant de patience. L’an dernier, le Lightning a connu une saison de près de 130 points (128), c’était l’une des meilleures saisons de l’histoire. Ils n’ont pas juste perdu au premier tour contre Columbus, ils ont été éliminés en quatre matchs. Un balayage. 

« Si on avait vécu une situation identique à Montréal, on aurait réclamé de gros changements, a-t-il continué. Le lendemain de l’élimination, on aurait exigé le départ du coach, du DG et du chauffeur d’autobus. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Tu dois toujours garder un pas de recul, tu dois bien évaluer ton équipe. 

« Julien a fait son travail, il est resté patient. Il a fait confiance à son noyau et à son entraîneur en chef. Il a simplement ajouté des pièces précises pour améliorer son équipe. Et à la date limite des transactions, il a acquis d’autres bons joueurs pour jouer des rôles précis. »

Parmi les plus anciens 

Embauché en mai 2012, Bergevin a déjà une expérience de huit saisons dans le poste de directeur général du Canadien. Il se retrouve maintenant parmi les plus expérimentés au sein de sa profession. En matière de longévité dans ce poste au sein de la même équipe, il vient au septième rang. 

« Non, je n’ai jamais regardé la statistique, a-t-il répliqué. Rapidement, je croyais que je me retrouvais en milieu de peloton. Mais le 7e plus vieux ? Wow ! Ça va vite.

« Ma plus grande déception, ça reste qu’on n’a toujours pas gagné la coupe Stanley. C’est le but ultime. Il faut aussi comprendre la réalité et le territoire d’aujourd’hui. Il y a juste un gagnant pour
31 équipes. L’an prochain, les experts parleront de Tampa, Colorado, Washington ou Vegas comme des équipes prétendantes. Mais encore l’an prochain, il y aura seulement un vainqueur et plusieurs équipes vivront des déceptions. »  

David Poile à Nashville et Doug Wilson à San Jose ont les deux plus longs règnes avec la même équipe. Poile dirige les Predators depuis juillet 1997, alors que Wilson est avec les Sharks depuis mai 2003. Comme Bergevin, les deux hommes n’ont toujours pas remporté la coupe Stanley. 

Bergevin pourrait-il survivre aussi longtemps à Montréal sans une bague ?

« Je ne peux pas répondre à cette question, a-t-il déclaré. Mais Poile et Wilson sont deux très bons DG dans la LNH. Ils ont déjà atteint la finale. Si, demain matin, je quitte Montréal et qu’on décide d’embaucher Doug Wilson, je pense que les médias parleraient de l’arrivée d’un bon DG. Il n’a pas gagné la coupe Stanley avec les Sharks, mais il reste à mes yeux une très bonne tête de hockey. Il y a plusieurs choses à évaluer dans le travail d’un DG, pas juste les conquêtes.

« Ken Holland est un bon exemple. Il a gagné trois fois la coupe Stanley comme DG avec les Wings, mais il a fini par quitter l’organisation. Les Red Wings venaient de connaître des saisons difficiles et ils cherchaient à faire du changement. Mais encore aujourd’hui, Kenny Holland reste l’un des très bons DG. » 

Dans un horizon à court ou moyen terme, Bergevin et le CH peuvent-ils atteindre la terre promise ?

À ce sujet, l’ancien défenseur reste encore loin des promesses ou des grands discours. 

« Nos jeunes joueurs doivent poursuivre leur progression. C’est essentiel. Je peux simplement dire que nous sommes sur le bon chemin. »

Ça revient à la patience. L’éternelle patience.