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Des attroupements qui posent problème

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Les attroupements d’élèves aux alentours des écoles secondaires nuisent aux efforts des directions scolaires pour limiter la contagion du virus, croient des spécialistes.  

«On met en place tout ce qu’on peut, mais au-delà du terrain et de l’horaire de notre école, ce n’est malheureusement plus de notre ressort», se désole Nadia Caron, directrice de l’école secondaire Gérard-Fillion, à Longueuil. 

«À partir de 12h15 ou de 15h, je ne peux pas aller les chicaner et leur dire de mettre leur couvre-visage.»

Nadia Caron est la directrice de l’école secondaire Gérard-Filion, qui doit fermer ses portes jusqu’au 12 octobre en raison d’une éclosion de coronavirus qui touche 26 élèves et 7 membres du personnel.
Photo Nora T. Lamontagne
Nadia Caron est la directrice de l’école secondaire Gérard-Filion, qui doit fermer ses portes jusqu’au 12 octobre en raison d’une éclosion de coronavirus qui touche 26 élèves et 7 membres du personnel.

Son établissement est le deuxième au Québec à devoir fermer ses portes pour deux semaines en raison d’une éclosion de coronavirus.

Malgré toutes les mesures mises en place, 26 élèves et 7 enseignants ont déjà été déclarés positifs après un dépistage de masse qui ciblait le premier cycle la semaine dernière. 

Bien qu’une enquête épidémiologique de la Santé publique soit encore en cours, deux expertes et la directrice sont d’avis que le non-respect de la distanciation à l’extérieur des cours a certainement joué un rôle dans la transmission de la COVID-19. 

« Si [les jeunes] sont très, très proches les uns des autres et qu’ils n’ont pas de masques, c’est certain que ça peut être un facteur de transmission», affirme la Dre Valérie Lamarre, pédiatre-infectiologue au CHU Sainte-Justine. 

Le risque est démultiplié dès lors que l’on parle ou que l’on crie, comme c’est souvent le cas entre adolescents, rappelle la microbiologiste-infectiologue au CHUM Cécile Tremblay, et ce, même à l’extérieur. 

Récréation

Sur l’heure du midi, les élèves de Gérard-Fillion n’ont qu’à faire quelques pas pour se rendre au dépanneur ou à l’une des grandes chaînes de restauration rapide. 

Là, ils flânent dans le stationnement des commerces ou se tiennent près des arrêts d’autobus en faisant fi des règles de la Santé publique, au désespoir de plusieurs.

«C’est horrible! C’est l’un par-dessus l’autre», s’exclame Colette Trites, qui travaille comme serveuse au Royal 21, un restaurant près de l’école. 

«Rendu au McDonald’s, on dirait que toutes [les règles] sont oubliées», ajoute Nathalie Poirier, mère immunosupprimée d’un enfant qui fréquente Gérard-Filion. 

Sensibiliser ou sévir?

Avant la fermeture de l’école, la direction de Gérard-Filion avait embauché dix agents de sécurité qui se promenaient sur le terrain pour disperser les adolescents agglutinés entre amis et faire de la sensibilisation.

«On pense que si on est trop dans la répression et les conséquences, on n’arrivera pas nécessairement à ce qu’ils adoptent les comportements voulus», explique la directrice Nadia Caron. 

C’est aussi l’approche que préconise la docteur Valérie Lamarre, qui suggère que la sensibilisation des jeunes aux dangers du coronavirus soit améliorée. 

La Dre Cécile Tremblay souhaiterait, pour sa part, que les règles soient resserrées en milieu scolaire, quitte à imposer le port du masque en classe, comme c’est le cas en Ontario. 

«Ça serait une façon de rappeler aux étudiants que ça se transmet, suggère-t-elle. Quand on a le masque sur le visage, ça nous le rappelle en permanence.»

En conférence de presse hier, François Legault a toutefois réitéré que rien ne changerait dans les écoles, malgré le palier d’alerte rouge qui sera instauré dans plusieurs régions dès jeudi. 

Avertissements

De son côté, le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) a accentué sa présence autour des écoles de son territoire dans les derniers jours. 

Le mot d’ordre reste «prévention», affirme l’agente Mélanie Mercille, quoique cette stratégie pourrait changer prochainement. 

Le SPAL est en contact avec le Centre de services scolaire Marie-Victorin, auquel est rattaché Gérald-Filion, pour déterminer les besoins autour des écoles. 

«On est au stade des discussions. Est-ce qu’il y aura des constats émis? Ça pourrait être une possibilité», prévient Mme Caron.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.