/opinion/columnists
Navigation

Les déclarations d’impôt explosives de Donald Trump

Coup d'oeil sur cet article

Les révélations du New York Times au sujet des impôts du président n’ébranleront pas ses partisans inconditionnels, mais elles ont de quoi inquiéter.

La nouvelle est tombée comme une bombe à 48 heures du premier débat : le New York Times a mis la main sur deux décennies de déclarations d’impôt de Donald Trump, et ce qu’on y trouve semble justifier tous les efforts du président pour en bloquer la divulgation.

Ces révélations n’auront probablement qu’un impact marginal sur le vote. Il y a toutefois lieu d’être inquiet de ce que la situation financière du président signifie pour l’avenir, qu’il gagne ou qu’il perde l’élection.

Révélations-chocs

Ce qui frappe de prime abord est que Trump a pu réduire le montant de ses impôts sur le revenu pratiquement à néant pour une vingtaine d’années, lui qui se targue d’être multimilliardaire.

La plupart des années récentes, il a payé un gros zéro en impôts sur le revenu, en ayant recours à toutes les manigances comptables imaginables, y compris de déguiser ses extravagantes dépenses personnelles en frais d’affaires.

Depuis 2017, il verse annuellement la coquette somme de 750 $ en impôt sur le revenu, ce qui lui permet de démentir qu’il ne paie rien. Comme si son évitement fiscal n’était pas déjà assez grotesque, le Times relève qu’il a payé et déduit annuellement 70 000 $ pour dompter sa légendaire coiffure.

Les vrais problèmes

Au-delà des scandales et des fraudes potentielles, ces documents fiscaux illustrent la monumentale incompétence de Donald Trump comme homme d’affaires, à l’exception de la marchandisation de sa célébrité comme vedette de télé-réalité.

Presque toutes ses entreprises sont des gouffres financiers. Après ses faillites retentissantes dans les années 1980 et 1990, Trump a perdu depuis des centaines de millions de dollars avec ses terrains de golf, ses hôtels, ses pacotilles « de luxe » et autres combines douteuses. Plus préoccupantes encore sont ses dettes de centaines de millions de dollars qui viennent bientôt à échéance et pour lesquelles Trump ne dispose pas de liquidités. Cette vulnérabilité du président envers ses créanciers représenterait une menace sécuritaire majeure dans l’hypothèse improbable d’un second mandat.

Impacts à court et long termes

Cette histoire aura peu d’impact sur les électeurs déjà gagnés au culte de Trump ou sur ceux qui voient son adversaire démocrate comme une réincarnation de Che Guevara. Ceux-ci seront facilement convaincus que les médias ont tout inventé. 

Ces révélations mettront toutefois le président sur la défensive lors des débats qui s’amorcent ce soir. L’impact électoral sera nuisible à Trump, mais mineur, comme tous les autres événements de cette campagne face à un électorat imperturbable.

À long terme, tout ça n’augure rien de bon. Pour rembourser sa gargantuesque dette, Donald Trump n’aura d’autre choix que de rester au cœur de l’univers politico-médiatique américain afin d’exploiter à fond sa mainmise sur des millions d’esprits enjôlés en marchandant le discours corrosif qui est devenu sa seule marque de commerce viable.