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Contrat sans appel d'offres: Québec demande des explications au CHUM

Le centre hospitalier a octroyé un contrat sans appel d’offres à une société dirigée par une membre de son CA

Contrat sans appel d'offres: Québec demande des explications au CHUM
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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La présidente du Conseil du trésor réclame des explications du CHUM dans le cadre d’un contrat donné sans appel d’offres à une société dirigée par une des membres de son conseil d’administration, Hélène Desmarais. Elle estime d’ailleurs que l’Autorité des marchés publics est en droit d’enquêter.

• À lire aussi: Conflit d’intérêts au CHUM: une membre du CA obtient un contrat de 1M$

Notre Bureau d'enquête révélait mercredi matin que la firme IVADO Labs, spécialisée dans l’intelligence artificielle, a obtenu de la part du CHUM un contrat de gré à gré de 999 999$.

«Nous nous attendons à ce que le CHUM soit en mesure d’expliquer l’ensemble de son processus décisionnel dans ce cas-ci », a mentionné Sonia LeBel.

Le contrat porte sur une solution technologique pour reprendre plus de 2000 interventions chirurgicales annulées depuis le début de la pandémie de COVID-19.  

Aucun avis d’intention n’a été publié par le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), comme c’est habituellement le cas dans ce genre de contrat.

La fondatrice et présidente exécutive de IVADO Labs n’est nulle autre qu’Hélène Desmarais, qui siège au conseil d’administration du CHUM.

Si son prix avait été un dollar de plus, le contrat aurait été soumis à des règles plus strictes de l’Autorité des marchés publics (AMP), mise sur pied pour éviter la collusion et la corruption dans la foulée de la commission Charbonneau.

IVADO Labs aurait donc dû se soumettre à des vérifications de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) pour être inscrite au Registre des entreprises admissibles de l’AMP.

Enquête légitime

La présidente du Conseil du trésor soutient que même si l’entente a été signée à 1$ sous le million, le chien de garde des contrats publics a toute la légitimité d’enquêter sur ce contrat, car les règles d’intégrité des marchés publics doivent être respectées par toutes les organisations.

«En vertu des pouvoirs que l’Autorité des marchés publics détient, elle a toute la légitimité pour analyser le dossier et faire son travail de vérification et d'enquête et ainsi évaluer si le tout est conforme. »

À l’Assemblée nationale, mercredi, les partis d’opposition ont pressé le gouvernement de faire la lumière sur l’octroi du contrat.

«C’est de toute évidence un tour de passe-passe pour passer sous le radar de l’Autorité des marchés publics, pas besoin d’être Sherlock Homes pour déduire que c’est ça la stratégie», a commenté le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon lui, il s’agit d’un autre exemple des «liens troubles» entre le secteur privé et les institutions publiques de santé.

Pour le porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Joël Arseneau, le gouvernement se doit de faire enquête.

«On n'a pas besoin de ce genre de nouvelle dans le domaine de la santé alors que la crédibilité du gouvernement et des mesures qu'il met en place sont mises à mal. Si en plus il faut qu'on ait un vent de malversation... Il faut rapidement clarifier la situation et donner toute l'information», a-t-il déclaré.

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