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De l’urgence de communiquer l’essentiel

Conférence de presse
Photo courtoisie, Josie Desmarais La réalité est que ce combat durera bien au-delà des 28 prochains jours.

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Comme les feuilles d’automne, la COVID-19 est en voie de colorer le Québec au complet en rouge. D’où l’annonce ce lundi par le premier ministre François Legault d’une série de fermetures prévues du 1er au 28 octobre.

C’est le fameux « défi 28 jours ». Restos et bars fermeront. La culture rentrera dans ses terres. Sauf exception, interdit de recevoir des invités à la maison. 

Or, pour justifier le coup de barre, M. Legault donnait peu d’explications. L’étendue des zones rouges avait même été annoncée la veille par le ministre de la Santé à Tout le monde en parle – une émission de divertissement.

Cela ne fait qu’ajouter à l’impression d’une communication qui, depuis le déconfinement, est confuse et mal étayée. Face à la deuxième vague et au relâchement inquiétant d’une part croissante de la population, rectifier le tir est pressant. 

Sinon, on risque d’assister à un décrochage plus marqué encore des consignes sanitaires de base, voire même de la nécessité de réduire au minimum nos contacts sociaux. 

Le danger est que le virus, lui, ne fait pas relâche. Il se propage dans la communauté. Les plus jeunes, moins malades, en sont de redoutables vecteurs de contagion auprès de personnes à la santé plus précaire. Les hospitalisations grimpent. Les décès se poursuivent. 

Vies en jeu

Si la propagation du virus ne décélère pas, notre système de santé déjà détraqué craquera lui aussi.

La gestion nationale d’une pandémie mondiale est complexe. Personne n’envie ceux dont c’est le boulot. Au Québec, l’épicentre du virus au pays, le temps court cependant plus vite.

Sans le dire, François Legault semblait hier avoir entendu les critiques montantes sur le manque de clarté de la communication gouvernementale. 

Disant vouloir éviter les « contacts prolongés » de plus de dix minutes, il s’est expliqué sur sa décision de fermer certains lieux. Pour une rare fois, il s’est aussi adressé aux plus jeunes. Mais il faudra plus. 

Les quatre « C »  

D’autant que le critère du « contact prolongé » explique mal pourquoi, au lieu de les fermer, on n’impose pas le port continu du masque dans les lieux de culture. Pourquoi pas le masque dans les classes ? Etc.

Si les désaccords sur certaines mesures sont inévitables, la première urgence pour le gouvernement est néanmoins d’obtenir l’adhésion maintenant relâchée d’une partie non négligeable de la population.

Les ingrédients ne sont pas des secrets d’État. Dire la vérité dans la transparence. Mieux expliquer pourquoi, concrètement, certaines décisions sont prises. Éviter celles qu’il ne peut pas ou ne veut pas expliquer. 

Imposer des conséquences réelles aux récalcitrants et complotistes dont le comportement met la santé des autres en danger. Bref, pratiquer les quatre « C » de la communication : clarté, concision, cohérence et conviction. Quand tout bouge, c’est facile à dire, mais non moins urgent. 

Face à une crise qui s’étire, la cellule de crise bénéficierait peut-être aussi d’une transfusion de sang neuf. Question d’y amener quelques regards extérieurs aguerris et frais. 

La vérité est que ce combat durera bien au-delà des 28 prochains jours. Même le défilé du père Noël est annulé. On aurait pourtant bien pris un vaccin sous le sapin... 

Demain : La deuxième urgence face au virus : apprendre à refaire société.