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Des écolières genevoises en ont assez qu’on leur dise comment s’habiller

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AFP

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« Occupe toi de ton sexisme plutôt que de ma tenue », clame la pancarte d’une manifestante en corsage de dentelle rouge. Elles étaient plus de 200 mercredi à Genève à dénoncer le sexisme des codes vestimentaires dans les écoles de Suisse. 

Le rassemblement fait suite à ce qui est devenu au bord du lac Léman, l’affaire du « T-shirt de la honte ». Elle a éclaté à la fin de l’été quand une mère de famille a dénoncé « l’humiliation » subie par sa fille, forcée dans son collège de porter un t-shirt XXL frappé de la mention « j’ai une tenue adéquate » pour cacher un vêtement jugé trop révélateur.

« Ma fille avait une tenue correcte et adaptée. Elle était vêtue d’un jeans taille haute, d’un pull à col roulé blanc où l’on voyait légèrement son ventre. Depuis quand le ventre est considéré comme une partie intime ? Ne serait-ce pas les adultes qui sexualiseraient ces jeunes adolescentes, encore considérées comme des enfants dans notre système social ? », avait déclaré la mère à la chaîne publique RTS. 

Devant le collège, une autre pancarte clamait mercredi: « l’humiliation n’est pas une forme d’éducation », brandie par une femme avec un court pull-over découvrant le nombril, des shorts courts en jean et le visage couvert d’un masque au nez rouge et au sourire de clown.

L’école avait répondu aux accusations de sexisme en affirmant que le règlement vestimentaire s’appliquait « indépendamment du sexe » mais aussi que le dispositif et son t-shirt ont été validés par l’association des parents, le Conseil des délégués d’élèves et la conférence du personnel.

Les critiques soulignent, eux, que ce genre de règlement laisse beaucoup de place à des jugement subjectifs et la porte ouverte à des interprétations sexistes. 

Marjorie de Chastonay, une élue genevoise des Verts, a comparé le t-shirt de la honte à « un lynchage public destiné à stigmatiser les filles ».

Les manifestantes ont demandé aux responsables de l’éducation du canton de faire abandonner la pratique.

Ces protestation font écho au tollé provoqué en France par la publication d’un sondage sur les tenues des lycéennes, l’hebdomadaire Marianne et l’Institut de sondage Ifop.

Le sondage controversé avait été réalisé dans le sillage des mobilisations de collégiennes et lycéennes contre « la tenue correcte » imposée aux filles dans certains établissements. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer avait lui préconisé de s’habiller de « façon républicaine » à l’école.

Le sondage, qui s’appuyait sur des dessins suggestifs pour poser ses questions, a provoqué une vague de réactions outrées dénonçant la sexualisation du corps des enfants et des très jeunes filles.