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Joyce Echaquan: un drame qui provoque la méfiance

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Des autochtones ont un peu plus peur qu’avant depuis qu’une femme autochtone a filmé ses derniers moments de son lit d’hôpital, sous les commentaires déplorables d’une infirmière et d’une préposée aux bénéficiaires. 

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Eden Weizineau n'a pas été capable de regarder la vidéo de Joyce Echaquan au complet. Voir la mère de 37 ans pousser ses derniers souffles dans son lit d'hôpital à Joliette, sous les commentaires racistes de membres du personnel, lui fait trop mal.

«Je travaillais au dépanneur de Manawan quand j'étais plus jeune, et je la voyais souvent avec ses enfants et son mari. Qu'on l'ait laissée mourir dans des circonstances comme ça me fâche. Ça vient me chercher», a-t-elle dit.

Sa méfiance a grimpé depuis lundi soir. «Si, un jour, ma fille tombe malade et que ça devait arriver... Je ne sais pas qu'est-ce que je ferais»

D'autres autochtones ont, eux aussi, un peu plus peur qu'avant.

Les événements surviennent tandis que le gouvernement souligne le premier anniversaire du rapport de la commission Viens, qui portait justement sur les services publics rendus aux autochtones.

Dans un communiqué émis mercredi, la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie d’Amours, se félicite d'être passée à l'action, mais ne fait aucune allusion au drame de Joliette.

«Je pense sincèrement que, plutôt que de se féliciter, à la lumière des éléments récents, je pense qu’elle aurait pu saisir l’occasion pour un petit peu plus d’humilité et un peu plus d’humanité», a commenté la directrice du Collège Kiuna, Prudence Hannis.

«Je ne parlerais pas d'échec, mais ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est déposer ce rapport-là sur une tablette», a pour sa part indiqué l’ex-agente aux enquêtes de la Commission Viens, Denise Caron.

Ironie du sort, la «journée du chandail orange», qui vise à commémorer la mémoire des victimes des pensionnats autochtones, se tenait mercredi.