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Les débordements dans les urgences font peur

Le manque de personnel pourrait avoir des conséquences

urgence Enfant Jesus
Photo d’archives, Simon Clark Le 9 septembre, l’urgence de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec, était pleine à craquer, comme on le voit sur cette photo. Hier encore, elle était occupée à 115 %.

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Les débordements que connaissent les urgences de plusieurs régions du Québec font craindre le pire avec la deuxième vague de COVID-19 qui commence à déferler.

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« Depuis cinq semaines, notamment sur l’île de Montréal, on remarque un débordement de 15 à 20 %. [...] On a l’impression qu’on vient de vivre deux saisons d’influenza et la deuxième vague n’a pas encore d’effet », s’inquiète le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec. 

En tout, 50 établissements québécois sur 114 étaient en débordement hier en fin de journée.

Il indique que plusieurs patients, qui craignaient de consulter pendant la première vague, se présentent dans un état de santé qui a pu se dégrader, ce qui peut expliquer en partie la situation dans les urgences. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Dimanche dernier, les autorités ont dû demander aux citoyens de cesser de se rendre à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, qui débordait.

Cette situation pourrait se reproduire ailleurs dans le réseau de la santé québécois alors que six régions affichaient un taux d’occupation de leurs urgences supérieur à 100 %, ce qui n’est pas normal à cette période de l’année.

« C’est préoccupant, même inquiétant. Avant, le système craquait en décembre, janvier et février. Là, ça craque de partout depuis le mois d’août », lance Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). 

Si certaines régions affichent une moyenne de fréquentation en dessous du 100 %, ça ne veut pas dire que certaines urgences ne débordent pas, comme c’est le cas dans la Capitale-Nationale.

Selon plusieurs, l’urgence d’un hôpital est un peu comme le canari au fond de la mine : quand elle déborde, c’est que quelque chose d’autre cloche. 

Manque de personnel

« Il y a une pénurie de professionnels dans tous les corps de métiers. Plusieurs ont démissionné depuis le printemps. S’il manque d’infirmières sur un étage et qu’on ne peut pas ouvrir tous les lits, ce sont des patients de l’urgence qu’on ne peut pas faire monter », illustre Mme Bédard, qui croit que, comme au printemps, le gouvernement n’aura pas le choix de diminuer l’offre de soins, notamment en chirurgie, pour aider à diminuer la pression.

« La première vague, c’était la crise des CHSLD. Pour la deuxième vague, je crois que ça va être la crise du personnel [dans les hôpitaux]. Les soins ne sont pas encore touchés, mais le moral n’est pas aussi bon », conclut le Dr Boucher.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Geneviève Pettersen avec Roxane Borgès Da Silva, professeure au département de gestion, d’évaluation et de politique de santé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, sur QUB radio:

Taux d’occupation des urgences   

  • Mauricie : 95 %  
  • Outaouais : 96 %  
  • Capitale-Nationale : 97 %  
  • Chaudière-Appalaches : 99 %  
  • Estrie : 107 %  
  • Montréal : 110 %  
  • Laurentides : 117 %  
  • Montérégie : 122 %  
  • Laval : 135 %  
  • Lanaudière : 149 %