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Les plaintes pour vol d’identité plus nombreuses au Québec

La fuite chez Desjardins a poussé les Québécois à dénoncer davantage ces fraudes

Equifax
Photo d’archives, Martin Chevalier Après le vol des données personnelles des membres de Desjardins, plusieurs d’entre eux se sont enregistrés auprès d’Equifax pour être alertés de toute utilisation frauduleuse de leur identité personnelle.

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Plus du tiers des plaintes de fraudes liées à un vol d’identité au pays depuis le début de la pandémie viennent du Québec, révèlent des données du Centre antifraude du Canada, obtenues par Le Journal.

« Dans certains cas, une victime d’une fraude d’identité peut faire l’objet de plusieurs brèches ou même d’attaques », a souligné Jeffrey Thomson, patron de la division de la prévention au Centre antifraude du Canada.

Entre le 6 mars et le 31 juillet derniers, plus de 1578 fraudes liées à un vol d’identité ont été signalées par des Québécois au Centre antifraude du Canada sur les 4730 dans l’ensemble du pays, ce qui correspond à 33 %.

« Avec Desjardins et la Prestation canadienne d’urgence (PCU), les Québécois ont pris conscience du problème. Il faut continuer de rapporter les cas », a plaidé Steve Waterhouse, ex-officier de sécurité informatique au ministère de la Défense nationale.

« Le fait que l’on ait subi une des plus grosses brèches de l’histoire canadienne au Québec explique pourquoi ce chiffre est si gros. On a une population très mal informée sur les tactiques de fraudes », a ajouté Éric Tremblay, spécialiste en sécurité de l’information d’EVA Technologies.

Pour Karim Ganame, PDG de StreamScan, c’est la pointe de l’iceberg. 

« C’est l’arbre qui cache la forêt. On parle ici d’une infime partie de gens qui ont été fraudés parce que tous ne le déclarent pas ou ne savent même pas qu’ils ont été fraudés au moment où on se parle », a-t-il insisté.

Au Québec, la majeure partie des signalements reçus au Centre antifraude provenaient de personnes dans la trentaine (437), soit presque trois fois plus que les gens âgés de plus de 60 ans (160).

« Souvent, ce sont de jeunes parents qui ont vu leurs informations compromises et qui veulent protéger les leurs et celles de leurs enfants », explique Steve Waterhouse, spécialiste en cybersécurité.

Plus de 95 M$

À l’échelle du pays, entre le 1er janvier et le 31 août 2020, le fléau des « fraudes en marketing de masse » a fait perdre plus de 95 millions de dollars à plus de 24 074 victimes au pays.

Ces types d’arnaques sont celles commises avec des moyens de communication comme le téléphone, le courrier et le web pour soutirer de l’argent.

Depuis le début de l’année, sur le lot, plus de 16 795 victimes provenaient du Canada, 135 des États-Unis, 237 d’autres pays... et plus de 6907 de « pays inconnus », souligne le Centre antifraude du Canada.

À la Chambre de la sécurité financière (CSF), on constate une augmentation des questions liées aux enjeux de protection des données.

« Au cours des derniers mois, la CSF a reçu davantage de questions de la part de ses membres relativement à la protection des données des clients lors de l’utilisation des nouvelles technologies. C’est assez logique, car la pandémie de COVID-19 a fait évoluer les façons de faire », a précisé sa conseillère principale aux communications, Priscilla Franken.

En 2018, les fraudes en marketing de masse ont fait perdre plus de 120 millions de dollars aux Canadiens, un chiffre qui a bondi à près de 137 millions de dollars l’année dernière, selon le Centre antifraude du Canada.

Fraudes liées à un vol d’identité au Québec depuis le début de la pandémie

(entre le 6 mars 2020 et le 31 juillet 2020)

Âges

  • 1 à 9 ans : 4
  • 10 à 19 ans : 126
  • 20 à 29 ans : 235
  • 30 à 39 ans : 437
  • 40 à 49 ans : 319
  • 50 à 59 ans : 219
  • 60 à 69 ans : 126
  • 70 à 79 ans : 26
  • 80 à 89 ans : 5
  • 90 à 99 : 0
  • 100 ans et + : 3
  • Inconnu : 78

TOTAL 1578

Source : Centre antifraude du Canada