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Venezuela: l’UE attend une réponse à sa demande de reporter les législatives

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L’Union européenne a réitéré sa demande aux autorités du Venezuela de reporter de six mois les élections législatives programmées pour le 6 décembre et attend leur réponse, a annoncé mercredi le service diplomatique européen dans un communiqué.

Une mission dépêchée à Caracas par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a rencontré durant cinq jours toutes les parties vénézuéliennes pour faire passer ce message. 

Les émissaires européens ont rencontré des représentants du régime, les dirigeants de tous les partis de l’opposition, dont Juan Guaido et l’ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles, les chefs de l’Église, le représentant du pape et les principaux dirigeants d’entreprises.

À leur retour, ils se sont dits pessimistes quant à la réponse du régime de Nicolas Maduro, a confié un responsable européen. «Nous attendons une réponse d’ici deux semaines. Après, nous considérerons qu’elle est négative». 

«Sans un report et une amélioration des conditions démocratiques et électorales, l’UE ne peut envisager d’envoyer une mission d’observation électorale», ont réaffirmé les services de Josep Borrell.

«La crise politique et humanitaire au Venezuela ne sera pas résolue par un seul événement. Il est temps que des décisions audacieuses soient prises par les Vénézuéliens pour soutenir une transition pacifique et démocratique», a insisté le communiqué.

«Il est nécessaire de mener des négociations entre toutes les parties prenantes au Venezuela afin de trouver une solution démocratique, pacifique et durable aux besoins et aux demandes du peuple vénézuélien.»

L’UE ne reconnaît aucune légitimité au président Nicolas Maduro et soutient l’Assemblée nationale, seul organe démocratiquement élu au Venezuela, et Juan Guaido, son président.

Les législatives du 6 décembre doivent renouveler le Parlement, actuellement détenu par l’opposition. L’objectif est de reprendre la présidence de l’Assemblée à Juan Guaido, a souligné le responsable européen.

Capriles change de position

M. Guaido a pris la tête d’une trentaine de partis qui appellent au boycottage de l’élection.

Henrique Capriles, candidat malheureux à la présidence en 2012 contre Hugo Chavez et en 2013 contre son successeur Nicolas Maduro, s’est aligné mercredi sur la position européenne, alors qu’il avait appelé début septembre à participer au scrutin.

«Nous exigeons qu’elle soit reportée, à cause de la pandémie, à cause de la situation du pays et pour que l’élection serve au Venezuela», a dit M. Capriles mercredi dans un discours transmis en direct sur les réseaux sociaux. «Les conditions ne sont pas réunies en ce moment, comme l’a bien dit l’Union européenne ».

«Si on ne la reporte pas, il n’y a pas moyen, l’élection ne sert pas au Venezuela. Si on la reporte [...], il y aura la possibilité d’une observation internationale», a aussi avancé cette figure de l’opposition condamnée en 2017 à 15 ans d’inéligibilité. «S’il y a l’observation, il y aura la participation.»

Une autre partie de l’opposition, proche du régime, appelle à participer avec l’ambition de remporter de nombreux sièges de députés.

«L’Union européenne n’entend pas négocier ni entreprendre une médiation au Venezuela», insiste le représentant européen. «Elle précise simplement les conditions de sa participation pour une mission d’observation des législatives.»

Mais si sa demande de report du scrutin et la mise en oeuvre de mesures pour permettre des élections libres et équitables ne sont pas suivies, «l’UE ne reconnaîtra ni l’Assemblée nationale ni la Cour suprême», a rappelé le responsable européen.