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Saunas et spas fermés: «On devrait faire partie de la solution, pas du problème»

Hugues Lavoie dans son établissement, le Nordique spa Stoneham. En janvier 2018, le chalet avait été dévoré par les flammes, mais il a été reconstruit depuis.
Stevens LeBlanc Hugues Lavoie dans son établissement, le Nordique spa Stoneham. En janvier 2018, le chalet avait été dévoré par les flammes, mais il a été reconstruit depuis.

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À leur grande surprise, les propriétaires de saunas et de spas en zones rouges ont appris, hier soir, qu’ils doivent suspendre une grande partie de leurs activités en raison des nouvelles mesures sanitaires du gouvernement du Québec qui entrent en vigueur aujourd’hui. 

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Le décret mentionne que «les activités exercées dans les saunas et les spas sont suspendues, à l’exception des soins personnels qui y sont dispensés».

La surprise est d’autant plus grande que le gouvernement n’avait pas parlé de cette mesure au cours de la semaine. 

  • Écoutez la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Pris de court

«Nous avons reçu un communiqué à 22h (hier, mercredi) nous disant que nous devions fermer à minuit», a expliqué Guillaume Lemoine, président de l’Association québécoise des spas (AQS) et propriétaire de Strom spa nordique.

«C’est dur d’être plus en maudit que ça après mon gouvernement», peste pour sa part Hugues Lavoie, propriétaire du Nordique spa Stoneham.

«On s’est demandé si ce n’était pas une coquille (dans le décret), poursuit M. Lavoie. En attendant d’avoir la confirmation, j’ai quand même ouvert mon spa ce matin. Cinq ou six clients ont appelé et des employés m’ont demandé si c’était vrai qu’ils avaient perdu leur job. C’est le fun pour eux d’apprendre dans les médias qu’ils ont perdu leur job!»

Incompréhension

Mais ce n’est pas tant le maigre délai qui chicote Guillaume Lemoine.

«Je pense qu’on est pas bien perçu par la Santé publique par rapport à l’importance de nos services sur la santé physique et mentale de la population. On sauve beaucoup de visites à l’hôpital. Beaucoup de personnes soignent des petits bobos en venant chez nous sur une base régulière. On devrait faire partie de la solution, pas du problème.»

«Durant le premier confinement, nous avons tenté d’entrer en contact avec la Santé publique, mais sans succès. Cette fois, on a réussi à les contacter après avoir reçu la nouvelle. J’espère que la prochaine fois, ils vont considérer notre industrie pour ce qu’elle est vraiment», souhaite M. Lemoine.

Sécuritaire

«Il faut aussi savoir qu’il n’y a eu aucun cas d’éclosion au Québec dans les établissements de nos membres. Nous avons des pratiques exemplaires qui surpassent les exigences de la Santé publique et de la CNESST. Nous ne sommes pas un foyer de transmission dans aucun document de la Santé publique», affirme-t-il.

M. Lemoine ajoute que ses établissements, les Strom, ont fait face à une fronde d’associations du monde de la santé. Les centres utilisaient le questionnaire d’entrée de la Santé publique selon lequel une personne en contact avec un malade de la COVID devait être refusée.

«L’Ordre des infirmières du Québec et le Syndicat des paramédics nous ont mis de la pression pour qu’on s’assure d’accueillir leurs membres pour leur bien-être. On a finalement modifié notre questionnaire pour qu’ils [les travailleurs de la santé] puissent venir. On est essentiel ou pas? S’ils ne sont pas le bon public pour savoir si notre endroit n’est pas nécessaire et sécuritaire, qui d’autre peut juger de notre importance dans la société?» questionne M. Lemoine.

L’équivalent d’une fermeture

Guillaume Lemoine estime que des membres de son association vont tenter de diminuer les dégâts en continuant à offrir des soins corporels et, dans certains cas, à opérer leur restaurant.

«Ce ne sera pas évident. Ils vont opérer à perte. Ce ne sera pas tout le monde qui va rester ouvert.»

La possibilité de continuer à offrir des soins corporels n’est cependant pas une solution viable pour l’entreprise d’Hugues Lavoie, le Nordique spa Stoneham.

«J’ai moins de 5% de ma clientèle qui prend uniquement des massages. Les gens viennent ici pour faire l’expérience complète en pleine nature. Nous ne sommes pas un spa en ville. Les gens ne font pas 30 minutes de route pour se retrouver dans une salle noire durant une heure. C’est comme si on allait au restaurant pour prendre seulement le dessert.»

«Il va falloir apprendre à vivre avec ce virus. On ne peut pas jouer à la cachette jusqu’à ce qu’on meure de faim. Il va falloir faire face à la réalité», estime-t-il.

En après-midi [jeudi], Hugues Lavoie a finalement décidé de fermer son entreprise pour la durée du décret.

Aide insuffisante

L’annonce du gouvernement de compenser les petites entreprises jusqu’à 80% de leurs frais fixes ne satisfait pas non plus les deux membres de cette industrie.

«C’est bien pour les micros PME, mais le plafond [15 000$] n’est clairement pas assez. Nous avons de grosses installations, d’énormes frais fixes. C’est loin d’être adapté à notre réalité», a analysé Guillaume Lemoine.

Trois des quatre établissements qu’il possède sont touchés par le décret, dont celui de Québec.

«Pour ces trois centres, l’expérience thermale est fermée, mais ils vont rester ouverts pour la restauration, dans les paramètres de la Santé publique, et pour les soins et massages. Nous allons perdre la majorité de notre chiffre d’affaires», 

«Je commence à trouver que ça ressemble à une expropriation, croit pour sa part Hugues Lavoie. Pour le bien de la société, le gouvernement demande à certaines industries de faire de plus gros efforts qu’à d’autres. On devrait me donner 100% de ce que ça va me coûter si on m’oblige à fermer, comme on le fait avec ceux qu’on exproprie.» 

«J’ai déjà fait mes efforts durant 16 semaines [au début de la pandémie en mars]. J’avais 15 massothérapeutes, seulement 5 sont revenues. Plusieurs se sont réorientées [...]. Je ne suis pas à la veille d’être indépendantiste. Le provincial me donne les restrictions et c’est le fédéral qui me donne l’argent», a conclu M. Lavoie.

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