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Les ruines mayas de Copán dans un état précaire 40 ans après leur classement par l’Unesco

Les ruines mayas de Copán dans un état précaire 40 ans après leur classement par l’Unesco
Photo AFP

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L’escalier hiéroglyphique, joyau des ruines de la ville maya de Copán (ouest du Honduras), n’est toujours protégé que par une bâche, tout juste 40 ans après le classement des ruines comme patrimoine mondial de l’Unesco.

Les 63 marches de l’impressionnante structure de 1100 blocs de tuf volcanique s’érigent jusqu’à 12 mètres de haut dans la jungle tropicale, à 300 km au nord-ouest de Tegucigalpa.

L’escalier «est une combinaison exceptionnelle d’architecture, de sculpture et d’écriture», souligne l’archéologue français René Viel, qui guide l’équipe de l’AFP à travers les ruines.

Pourtant, ce patrimoine est menacé par les affronts du temps et la pression démographique: il est grand temps de «mettre au point une stratégie de protection» du site, avertit l’archéologue.

Le jeu en vaut la peine: les ruines de Copán sont un témoignage unique de la civilisation maya qui a étendu son influence sur les territoires actuels du sud du Mexique, du Guatemala, du Belize, du Salvador et du Honduras.

Dynastie

En 426 de l’ère chrétienne, le roi Kinich Yax K’uk’ Mo’, adoubé par le roi de Teotihuacan (sud du Mexique), fonda, dans la vallée de la rivière Copán, une dynastie et un centre politique, civil et religieux. Celui-ci allait s’étendre sur 24 km2 pendant presque quatre siècles, jusqu’au 10 février 822, après les règnes de seize souverains.

Si les ruines de Copán s’enorgueillissent de leur terrain de jeu de balle, le deuxième plus grand d’Amérique centrale, et des tunnels qui mènent aux tombes royales ou au temple enfoui de Rosalila, «l’escalier hiéroglyphique en est le monument le plus emblématique», souligne René Viel.

La structure porte le plus long texte de tous les vestiges connus de la civilisation maya. Les glyphes retracent l’histoire du royaume et de ses souverains.

La cité, dont les ruines comptent un millier d’édifices, était organisée autour de l’acropole et d’une place centrale, selon un plan cosmologique qui servait de repère aux astrologues pour suivre les mouvements du soleil et de la lune.

Pour les archéologues, qui qualifient la cité d’«Athènes maya», il ne fait aucun doute qu’ici s’est établie une société monarchique théocratique qui disposait de connaissances avancées en mathématiques, astrologie, architecture et écriture.

Un roi divin

C’est le 13ème roi de la dynastie, connu comme «18 Conejo», qui a lancé la construction de l’escalier, poursuivie et achevée par ses deux successeurs, «Humo Mono» et «Humo Caracol».

À son apogée, la ville a compté jusqu’à 25 000 ou 30 000 habitants, mais l’agglomération, victime de mauvaises récoltes et frappée par la famine, est tombée en décadence en seulement 60 ans, la population chutant à environ 8000 personnes.

«Ici, le roi, comme le pharaon en Égypte, était le pilier de l’organisation sociale et politique. C’était avant tout un prêtre, un roi divin»... mais il a perdu toute crédibilité lorsqu’il s’est trompé dans ses pronostics sur les pluies et l’époque des semailles. «Cela a été la fin de cette structure sociale», explique l’archéologue français.

La protection de la cité abandonnée depuis plus d’un millénaire est «une grande responsabilité», confie le directeur du site, Eliud Guerra.

Il y avait bien le projet de remplacer la bâche qui protège l’escalier des intempéries par une structure plus adaptée, mais la crise sanitaire a tout arrêté.

Cependant, les données recueillies par un demi-millier de capteurs mesurant température, taux d’humidité, vents et exposition au soleil ont été rassurantes, selon le directeur du parc archéologique. La bâche, malgré son aspect rudimentaire, joue bien son rôle de protection.

Tant mieux car, reconnaît Eliud Guerra, il faudra attendre au moins deux ans pour que soit installée une nouvelle structure, composée de 16 voiles transparents qui amélioreront la protection du précieux escalier. Et qui donneront au site meilleure allure.