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«Une organisation affreuse»

Denis Shapovalov perd un marathon de cinq heures et livre le fond de sa pensée

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Photo AFP Le parcours de Denis Shapovalov aux Internationaux de France s’est terminé abruptement au deuxième tour.

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Dernier espoir de son pays en simple chez les hommes, Denis Shapovalov a vu son parcours s’arrêter dès le deuxième tour, jeudi à Roland-Garros, au terme d’un marathon de cinq heures.

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Le Canadien de 21 ans, 9e tête de série et 11e joueur mondial, s’est incliné en cinq manches de 5-7, 7-6 (5), 3-6, 6-3 et 6-8 face à Roberto Carballés Baena, dont le nom ne figure pourtant qu’au 101e rang du classement de l’ATP.

Mais l’Espagnol de 27 ans, à l’aise sur sa surface de prédilection, comme bon nombre de ses compatriotes, s’est montré plus fort, autant physiquement que psychologiquement, en fin de parcours.

À 6-6 au set décisif, Carballés Baena a d’abord remporté le jeu suivant sur son service avant de briser celui de son rival et lui passer le K.-O. Il n’y a pas de bris d’égalité à la cinquième manche à Paris.

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À deux points de la victoire

Alors qu’il menait 30-15 à 5-4 dans l’ultime manche, Shapovalov, sur son service, n’a pu convertir les deux derniers points qui lui auraient procuré la victoire.

Deux balles de match étaient d’ailleurs à sa portée, mais une décision controversée de l’arbitre, qu’il a bien tenté de faire renverser — mais en vain — a permis à Carballés Baena d’égaler à 30-30 (plutôt que 45-15 en faveur du Canadien) et de remporter le jeu par la suite.

La reprise vidéo, qui n’est pas utilisée sur la terre battue, a pourtant prouvé que Shapovalov avait raison. Il va falloir que les dirigeants du tennis recommandent éventuellement l’utilisation du Hawk-Eye, cette technologie préconisée partout ailleurs.

Depuis le début du tournoi de Roland-Garros, la situation s’est amplifiée. Parlez-en notamment à la pauvre Française Kristina Mladenovic. C’est une vraie farce de voir les arbitres quitter leur chaise pour aller vérifier la marque de la balle...

« Je ne dirais pas que c’est le moment clé dans le match, a indiqué Shapovalov, mais c’est vrai que je suis passé près. Ce n’était pas mon jour. Le tennis est ainsi fait. »

Shapovalov, qui tentait d’accéder au troisième tour pour la première fois de sa jeune carrière à Paris, a commis 106 fautes directes, dont 60 sur son coup droit.

« Quelle bulle ? »

À deux reprises, on l’a vu retraiter au vestiaire.

« Je me suis blessé aux ischio-jambiers, a-t-il affirmé. J’espère que ce n’est pas sérieux. On joue dans des conditions très froides qui sont propices aux blessures. C’est un peu frustrant. »

Puis, la conférence de presse a pris une autre tournure quand un journaliste lui a posé une question sur l’environnement de travail à Paris.

Un peu plus tôt cette semaine, il avait déclaré ne pas souhaiter parler de cette situation avant la fin de la compétition. Maintenant qu’il est éliminé, il a profité de cette tribune pour livrer le fond de sa pensée, comme l’a fait son compatriote Vasek Pospisil avant lui.

« L’organisation est affreuse, a-t-il déploré. Ils ne font pas du bon boulot. Après un match de cinq heures, je dois jouer en double. On aurait dû planifier autrement et c’est inacceptable. Nous sommes dans un tournoi du Grand Chelem, ne l’oublions pas.

« Et la bulle ? Quelle bulle ? s’est-il demandé. Il n’y en a pas. On peut quitter l’hôtel et aller se balader en ville sans problème. Il n’y a personne pour vous arrêter. C’était mieux géré à New York. »

Défaite en double

En bon guerrier et surtout par respect pour son partenaire, l’Indien Rohan Bopana, Shapovalov s’est bel et bien pointé sur le court pour disputer son match de double plus tard.

Mais la rencontre, achevée en 51 minutes, a tourné — sans surprise — à l’avantage de Pospisil et de l’Américain Jack Sock, qui ont uni leurs efforts pour l’emporter en deux manches identiques de 6-2. 

Les Canadiens aujourd’hui

3e tour (simple dames)

Eugenie Bouchard (CAN - 168e) c. Iga Świątek (POL – 54e) | Court Simonne-Mathieu à 5 h *

2e tour (double dames)

Gabriela Dabrowski (CAN) et Jelena Ostapenko (LAT) c. Misaki Doi (JAP) et Monica Niculescu (ROU) | Court no 11 à 5 h *

* Heure de l’Est