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Un débat insupportable et révélateur

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Le débat de mardi a démontré que Donald Trump ne mérite pas la présidence, qu’il se dirige vers la défaite et qu’il ne reculera devant rien pour s’accrocher au pouvoir. 

Le premier débat Trump-Biden était pénible à voir. Le spectacle offert par le président, dont on ne s’attendait pas à ce qu’il soit un modèle de classe, était tout simplement lamentable.

Certains historiens réputés y ont vu l’un des pires moments de l’histoire de la présidence, à raison. 

Ce débat a aussi permis de clarifier certaines choses.

Indigne

D’abord, le choix entre les candidats est on ne peut plus net. Si Joe Biden n’est pas le candidat parfait dont rêvent certains, Donald Trump s’est carrément montré indigne de sa fonction. 

Alors que Biden cherchait à communiquer avec tous ses compatriotes, Trump ne s’adressait qu’à son propre ego et aux adhérents inconditionnels au culte de sa personnalité. À coups de mensonges, d’invectives et d’interruptions, Donald Trump a exposé clairement, pour ceux qui ne s’en étaient pas déjà rendu compte, son dédain pour les règles les plus élémentaires du jeu démocratique.

Trump perd

En le voyant tenter désespérément d’intimider son adversaire, on ne pouvait que conclure que Donald Trump sait qu’il se dirige vers la défaite. Depuis plusieurs mois, le retard qu’il accuse dans les sondages d’intentions de vote ne rétrécit pas. L’écart est tel que son avantage au Collège électoral ne suffira pas à lui donner la victoire. 

Le débat a prouvé qu’il ne sait pas comment se confronter à son adversaire autrement qu’en s’adonnant à de pitoyables démonstrations de « force » qui ne convaincront que ses plus fidèles partisans.

Pas étonnant que les représentants républicains aient consenti à ce que le modérateur puisse fermer le micro des participants délinquants lors du prochain débat : c’est le seul moyen d’empêcher Trump de creuser son trou encore plus profond. 

Ça risque de mal finir 

Plusieurs sondages donnent plus de 50 % d’appui à Joe Biden et indiquent qu’il ne reste pas assez d’indécis pour renverser la course. Si Trump semble avoir renoncé à persuader ceux qui ne sont pas déjà avec lui, les derniers moments du débat ont montré qu’il est plus déterminé que jamais à s’accrocher au pouvoir par tous les moyens.

Il persiste à mettre en doute, sans preuves à l’appui, la légitimité du scrutin postal dont se prévaudront des millions d’électeurs. À défaut d’une défaite indiscutable, il est acquis qu’il contestera la légitimité du vote. 

Si le moindre doute persiste au lendemain de l’élection, il tentera vraisemblablement de convaincre les législatures républicaines de certains États clés d’ignorer le scrutin pour désigner elles-mêmes les délégués au Collège électoral. Pour ce faire, il n’est pas exclu qu’il invoque des désordres civils à grande échelle qu’il refuse de s’engager à désamorcer.

Le président refuse de s’engager à respecter la volonté de l’électorat si la victoire lui échappe et, surtout, d’appeler les suprémacistes blancs – le noyau dur de sa base partisane – à renoncer à la violence. 

Mardi soir, le scénario d’une crise constitutionnelle accompagnée de désordres civils et de violence sans précédent chez nos voisins du Sud est devenu plus vraisemblable et plus inquiétant que jamais.