/world/usa
Navigation

Comment soigner un président américain malade de la COVID-19?

FILES-US-HEALTH-VIRUS-POLITICS-TRUMP
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Donald Trump, qui souffrait vendredi de symptômes décrits comme légers de la COVID-19, peut être traité pour l’instant à la Maison-Blanche, mais s’il développait une forme très grave de la maladie, une hospitalisation serait sans doute requise. 

• À lire aussi: Positif à la COVID-19, Trump a des «symptômes légers» et garde «bon moral»

• À lire aussi: Trump positif: une fin de mandat hantée par la COVID-19

• À lire aussi: Les proches de Trump ne portaient pas de masques avant et pendant le débat

La première semaine de la COVID-19 est la phase virale, avec des symptômes tels que fièvre, toux, douleurs musculaires... Elle est gérée à domicile, explique à l’AFP Daniel Griffin, chef des maladies infectieuses au groupe médical ProHEALTH à New York.

La prise du médicament antiviral remdesivir, qui empêche la réplication du virus, est souhaitable, selon lui, bien que ce médicament (injecté par intraveineuse) ne soit actuellement recommandé que pour les personnes à des stades sévères de la maladie.

Le dirigeant de 74 ans pourrait également bénéficier d’un traitement expérimental considéré comme très prometteur: ce qu’on appelle des anticorps monoclonaux, eux aussi donnés en intraveineuse, et qui sont en train d’être activement testés.

Ce sont des anticorps de synthèse, fabriqués en laboratoires, et qui, injectés dans le corps d’un patient, fondent sur le virus pour le neutraliser comme est censé le faire le système immunitaire. Des essais cliniques menés par les laboratoires Regeneron et Eli Lilly sur des patients non hospitalisés ont donné de très bons résultats préliminaires; Regeneron a reçu plus de 600 millions de dollars du gouvernement américain pour développer ce traitement.

La deuxième semaine de l’infection est la plus dangereuse: c’est la phase de décompensation, quand le système immunitaire s’emballe et provoque une inflammation incontrôlée et des complications dans divers organes.

Le risque d’une forme grave est de l’ordre de 20 % pour un homme de plus de 70 ans, cliniquement obèse, comme Donald Trump, selon Daniel Griffin.

Les malades ont alors besoin d’oxygène.

Au début de la pandémie, les médecins plaçaient leurs patients rapidement sous respirateur artificiel, avant de s’apercevoir que cela accélérait leur déclin et réduisait leurs chances de survie. Vers le mois d’avril, ils ont fait volte-face et préfèrent depuis une oxygénation à haut débit, pour retarder le plus possible l’intubation.

L’oxygénation est possible à la Maison-Blanche, dit Daniel Griffin. À New York au printemps, « beaucoup de gens ont été installés chez eux avec de l’oxygène et des stéroïdes » pour éviter d’engorger les hôpitaux, rappelle-t-il.

« À un certain point », ajoute-t-il toutefois, « il deviendrait plus sage de s’appuyer sur l’ensemble des ressources d’un hôpital ».