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Mettre fin aux débats présidentiels?

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Depuis le triste spectacle de mardi, les réactions pleuvent et les premiers coups de sonde indiquent que si les Américains sont déçus ou choqués par la performance d’ensemble, ce premier débat n’aura que peu ou pas d’influence sur leur décision.

Si à mon avis nous avons eu droit cette semaine au débat le plus étrange et le plus mauvais depuis qu’on les diffuse à la télévision ou sur le web, ce n’est pas d’hier qu’on s’interroge sur la pertinence de la formule. 

Est-ce toujours pertinent ?

Depuis plusieurs cycles électoraux, les débats et les conventions des deux grands partis sont devenus des passages obligés qui n’intéressent trop souvent que les diffuseurs ou les lobbys qui les servent. Ces mises en scène coûteuses ne nous apprennent généralement rien de bien nouveau sur les candidats et les plateformes. On ne recherche plus que la « phrase qui tue ».

À moins de se passionner pour la lutte professionnelle, les combats extrêmes ou les derbys de démolition, la confrontation de mardi n’aura pour principale retombée que de sensibiliser aux limites de la pratique et, cette fois du moins, aux dangers qu’elle peut représenter. 

Les deux candidats n’ont rien offert de substantiel, mais on a exposé à des millions d’Américains ce qu’il y a de plus laid dans leur société, tout en projetant l’image d’une puissance en déclin accéléré. 

Deux septuagénaires se sont attaqués sur leurs facultés cognitives et le président américain a refusé de s’engager à reconnaître le résultat de l’élection tout en demandant aux suprémacistes blancs de se tenir prêts. Le pays ne peut en sortir que plus faible et plus divisé.

Malgré quelques efforts louables, le modérateur a souvent perdu le contrôle. Il a tenté de soulever des questions délicates, mais, probablement par souci de paraître impartial, il a abandonné sa rigueur journalistique en ne relevant pas les nombreux propos mensongers. Pour qu’un débat informe et serve l’électeur, il faut d’abord discuter des mêmes faits.

Améliorer ou annuler ?

Nous avons eu droit mardi soir à la caricature de tout ce qui cloche avec les débats. Il serait injuste d’en imputer toute la responsabilité à Donald Trump. Comme c’est le cas pour d’autres lacunes du jeu politique aux États-Unis, il n’a que profité d’une brèche pour entraîner tout le monde sur son terrain : le marécage. 

Il est possible que ma réflexion sur la pertinence de continuer à proposer des débats ait été influencée par la piètre qualité des participants, mais les commentaires ont été suffisamment nombreux pour qu’on ait déjà annoncé des changements. Seront-ils suffisants ? Si la formule ne doit pas forcément disparaître, elle a sérieusement besoin d’être dépoussiérée.

En attendant le prochain duel Trump-Biden, il y aura la semaine prochaine le « débat des adultes ». Mike Pence et Kamala Harris devraient nous offrir des discussions plus élaborées. Assez pour me réconcilier avec l’exercice ? Je serai à l’écoute et espérerai pour le mieux.