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Un Musée de la mémoire

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J’entends souvent des gens se plaindre, avec raison, qu’on n’enseigne plus l’histoire dans nos établissements scolaires.

Les étudiants ne sont pas au courant des principaux événements qui ont marqué le fondement de notre nation, depuis la Nouvelle-France jusqu’au Québec d’aujourd’hui. Et c’est déplorable.

Ne pas savoir d’où nous venons peut expliquer en bonne partie pourquoi nous ne savons pas où nous allons.

Bien sûr, il y a les livres pour nous renseigner, il y a aussi des professeurs d’histoire pour enseigner à nos enfants. Je me souviens d’une visite dans un collège privé où je voulais inscrire mes jumeaux, il y a de cela de nombreuses années. 

La coutume voulait que ce soient les élèves de cinquième secondaire qui nous fassent visiter le collège. 

L’un de ces étudiants m’a reconnu, car il m’avait vu dans un film qu’avait projeté son professeur d’histoire sur la période des années 60. Je n’étais pas peu fier. Non pas qu’il m’ait reconnu, non, mais que son professeur ait mis au programme l’étude de ces années de braise. Un cas exceptionnel? Je ne saurais le dire.

Combien, parmi nos jeunes, y compris les politiciens, connaissent l’histoire de notre implantation héroïque en cette terre d’Amérique, la défaite de 1760, la déportation des Acadiens, les rébellions de 1837-1838, les dévastations qui suivirent ces trois événements dramatiques, le génocide en douce du peuple métis et celui des Premières Nations, les trahisons de politiciens véreux, notre participation aux deux guerres mondiales, le référendum volé, etc.? 

Que s’est-il passé entre 1760 et 1867? Et aussi l’histoire de nos bons coups, de nos réussites industrielles, comme celles de l’hydroélectricité, de la motoneige, de l’avionnerie, etc. 

Sur le plan culturel, le Cirque du Soleil, notre cinéma, nos œuvres théâtrales, nos artistes et écrivains reconnus à l’extérieur de nos frontières? 

Et nos victoires diverses, aussi bien la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec que l’instauration d’un régime universel d’assurance-maladie? 

Nos grands événements chargés d’espoirs, aussi bien avec l’arrivée d’un gouvernement libéral qui mettrait fin, au début des années 60, au régime de Duplessis et de la Grande Noirceur, qu’avec l’élection d’un premier gouvernement indépendantiste, en 1976?

Ne pas connaître ces grandes lignes de notre histoire constitue une véritable tragédie et ne peut que nous mener vers un drame national, une assimilation lente mais assurée. 

D’autant plus que nous n’avons pas à rougir de notre histoire, car nous n’avons pas un passé d’oppresseur.

Pour rendre plus vivante l’étude de notre histoire nationale, la rendre aussi plus accessible, pour combler les trous de mémoire de notre histoire, pourquoi ne pas créer un Musée de la mémoire ? 

La mémoire est subjective, elle a besoin de preuves, de matière première, de témoignages, de lieux et de dates, alors qu’oublier ne coûte rien et n’exige aucun effort.

Nous pourrions mettre à profit l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI), qu'a fondé Pierre Karl Péladeau il y a quelques années et qui s’est donné, justement, une mission éducative. 

Il s’agirait de former, dans un premier temps, un comité d’historiens et de vulgarisateurs comme Jean-Claude Germain, par exemple, pour jeter les bases de ce que serait un Musée de la mémoire comme il en existe plusieurs dans le monde. 

Puis de trouver un site accessible, une maison qui pourrait être facilement transformée en musée. 

Non pas un musée traditionnel, statique, mais un musée moderne, à la fine pointe de la technologie, avec écrans tactiles et salles de projection pour accueillir de petits groupes d’élèves et d’étudiants. 

Un musée pour rendre bien vivant et intéressant l’enseignement de notre passé et de notre présent. 

Un musée pour dénoncer les injustices que nous avons subies depuis la défaite de 1760. 

La visite du musée, avec accompagnement du professeur, serait obligatoire dans le cadre du cours d’histoire.

Qu’en dites-vous? 

Passez le mot à l’IRAI, on ne sait jamais.