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Karl Gélinas: comme le bon vin?

Karl Gélinas: comme le bon vin?
Photo Jean-François Desgagnés

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À 37 ans, le Québécois Karl Gélinas s’est surpris lui-même, cet été, en lançant des balles rapides à plus de 90 milles à l’heure. Victime de la saison annulée chez les Capitales de Québec dans la Ligue Frontier, l’artilleur a gardé la forme, c’est le moins qu’on puisse dire, en effectuant quelques départs avec le Cactus de Victoriaville, dans la Ligue de baseball majeur du Québec (LBMQ). 

Gélinas était d’ailleurs au monticule, jeudi soir, à Victoriaville, quand le Cactus a assuré son championnat avec une victoire de 6 à 1 face aux Cascades de Shawinigan lors du cinquième match de cette finale 4 de 7. Le lanceur a réalisé un match complet de sept manches, ne permettant que trois coups sûrs et deux buts sur balles.

«J’ai pu travailler sur certains aspects techniques, cet été, et c’est étonnant parce que ma vélocité a même augmenté», a constaté Gélinas, qui a touché les 93 milles à l’heure avec sa balle rapide. «C’est aussi bon, sinon meilleur qu’à mes beaux jours. Ça donne le goût de continuer, c’est certain. C’est mon but de revenir avec les Capitales, l’an prochain.»

À propos de ce championnat de la LBMQ avec le Cactus, Gélinas s’est dit très heureux pour l’organisation de Victoriaville.

«J’ai savouré ce championnat de façon un peu différente», a avoué le gagnant de six titres en 13 ans avec les Capitales. «J’allais aux matchs seulement quand j’avais mon départ, mais mon lien d’appartenance avec le Cactus était quand même là. C’est toujours plaisant de gagner et j’ai adoré mon expérience.»

Avec son ami Peley

Le fait de retrouver son ancien receveur Josué Peley derrière le marbre a également agrémenté le séjour de Gélinas avec le Cactus. Peley, un ancien des Capitales, a d’ailleurs été éblouissant lors des séries de la LBMQ, affichant une hallucinante moyenne au bâton de ,615. Un total de 24 coups sûrs, dont cinq circuits, en 39 présences officielles au bâton!

«Honnêtement, je ne pense pas l’avoir jamais vu jouer du baseball de cette qualité-là», a d’ailleurs commenté Gélinas, à propos des exploits de son bon ami.

«J’avoue que je me sentais dans ma zone, j’ai rarement connu une telle séquence durant ma carrière», a pour sa part noté Peley, élu joueur par excellence des séries. «Au baseball, c’est une question de confiance.»

Sur le plan des statistiques, Gélinas a quant à lui complété son été à Victoriaville avec un dossier de neuf victoires et aucune défaite, dont une fiche de 4-0 en séries éliminatoires.

Belle tentative

Si son plan est de revenir avec les Capitales en 2021, Gélinas a bien tenté de tirer l’oreille à son ami Peley. Ce dernier a toutefois d’autres projets.

«Si je me crois capable, oui, mais si je veux le faire, c’est non», a confirmé Peley, en riant, à propos d’un retour comme régulier chez les professionnels dans le baseball indépendant.

L’athlète originaire de Montréal, qui est maintenant établi dans la Vieille Capitale, entend consacrer ses énergies à sa fille, Nayla, 5 ans, tout en transmettant ses connaissances du baseball aux plus jeunes, notamment par le biais du programme des Canonniers, à Québec.

Les leçons de Bautista et de Donaldson 

Pas question d’effectuer un retour dans les rangs professionnels pour Josué Peley. Malgré tout, l’athlète de 32 ans constate par lui-même qu’il n’a peut-être jamais été un aussi bon frappeur que présentement.

Peley, qui a maintenu une étonnante moyenne au bâton de ,615 avec le Cactus de Victoriaville lors des séries éliminatoires de la LBMQ, admet que son passage chez les Blue Jays de Toronto, de 2016 à 2018, lui a été grandement profitable. Il tenait alors officiellement le rôle d’interprète pour les joueurs hispanophones.

«En réalité, j’étais traducteur 1% du temps et pour le reste, je participais aux entraînements, je me retrouvais comme receveur au monticule d’exercice ou j’étais à la cage des frappeurs, a raconté Peley. J’étais toujours avec les joueurs et ils me traitaient comme un des leurs. J’étais là quand ils travaillaient sur certains aspects. Un gars comme [Jose] Bautista m’a tellement appris des choses et je posais parfois des questions. Dans le cas de Josh Donaldson, je voulais tellement comprendre comment il faisait pour frapper des balles comme personne d’autre.»

Peley a sans doute retenu certaines leçons. Suffisamment, du moins, pour maintenir une moyenne de ,615.