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Le poids de la politique

Periode des questions
Photos Simon Clark et courtoisie L’ex-ministre libéral David Heurtel raconte les hauts et les bas de son passage en politique, qu’il ne regrette pas, mais qu’il qualifie néanmoins de traumatisme.

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«La politique est un traumatisme», écrit l’ex-ministre libéral David Heurtel, dans un livre décrivant le «rythme inhumain» de son bref passage aux affaires de l’État. Sans les minimiser, les mandats qu’il a exécutés paraissent quand même bien moins lourds que ceux des actuels ministres de la Santé ou de l’Éducation en temps de pandémie. C’est tout dire... 

Heurtel a été élu dans Viau en 2013, puis a été ministre de l’Environnement, et de l’Immigration sous Philipe Couillard. Mordu de politique et ex-PDG de la Régie des installations olympiques, il était promu à une brillante carrière au parlement, mais son aventure a plutôt eu des allures d’étoile filante, intense et éphémère.

Les Québécois n’ont pas l’habitude de pleurer sur le sort d’élus, payés 170 000 $ par année, profitant d’un chauffeur et d’assistants à leur service.

Dans le livre Journées de ministre, le grand gaillard décrit toutefois l’envers de la médaille. Les journées de travail «régulières» commencées à 4 h 30, en fin de nuit, et qui se prolongeaient souvent jusqu’à 23 h. 

Ou cette fois, à la sortie d’une rencontre d’urgence à Ottawa avec des ministres fédéraux pour dénouer la crise des demandeurs d’asile, et qu’il n’y avait plus de vol vers Québec. Devant être ramené en voiture, il avait été laissé à l’hôtel à 2 h du matin par son garde du corps, alors que le cadran sonnerait 2 h 30 plus tard!

Le vrai pouvoir

Au-delà du rythme effréné, David Heurtel signale que les ministres, bien qu’ils soient imputables devant la population, ne sont que des «locataires» au sein de l’appareil gouvernemental mené par les hauts fonctionnaires. 

«Le patron du ministère, c’est le sous-ministre», et «un ministre n’a d’autre autonomie que celle que le premier ministre lui accorde», écrit-il. Marguerite Blais a récemment dit la même chose, en déclarant son impuissance à faire davantage pour les CHSLD depuis la pandémie.

Frustrations et désillusions

Il dit avoir été confronté «aux limites frustrantes du pouvoir d’un ministre» après avoir entendu les témoignages de citoyens de communautés culturelles de son quartier, incapables de trouver un logement ou un emploi en raison de la couleur de leur peau.

À la fin 2017, malgré d’intenses démarches, il n’a pas été en mesure de renverser l’avis de déportation de la Sri-Lankaise Leony Pavithra.

«Découvrir le fonctionnement de la machine étatique a été une route pavée de désillusions», dit-il, déplorant «un manque d’humanité». 

Quelque chose en lui s’est éteint. Puis, quelques semaines plus tard, il est au Salon bleu lorsque sa mère lui apprend qu’elle vient de recevoir un diagnostic de cancer. Fils unique, il doit l’accompagner pour les rendez-vous, les traitements, au travers de journées folles. Je me rappelle avoir jugé très sévèrement qu’il ait annoncé son départ de la vie politique par un simple message sur Facebook, sans s’expliquer devant la presse parlementaire. Je constate aujourd’hui qu’il était au bout du rouleau.

Après son départ, il a perdu 50 livres. Il souligne «l’impact psychologique majeur» et une transition difficile vers une vie plus équilibrée.

Parce qu’il connaît exactement les coulisses difficiles dans lesquelles ils doivent actuellement évoluer, il éprouve beaucoup d’empathie pour les Danielle McCann, Marguerite Blais et Christian Dubé qui auront vécu des responsabilités éprouvantes cette année. 

«C’est essentiel, le service public, mais humainement, c’est dur. Il y a un coût à la politique.» 

Malgré tout, il ne regrette pas ce qu’il a vécu et sait qu’il s’agissait d’un privilège. Mais si l’on veut attirer les meilleurs leaders en politique, il faudra réfléchir aux nombreuses raisons qui peuvent les décourager. 

Les bulletins  

Sylvie D’amours, CAQ 

Periode des questions
Photo Simon Clark

Publier un communiqué sur les suites apportées à la Commission Viens en passant sous silence le triste sort de la patiente attikamek décédée après une pluie d’injures était un manque de jugement de première classe. Narguer ensuite le fils de son prédécesseur Geoff Kelley en soutenant : «J’en ai fait plus en deux ans que 15 ans de Parti libéral», c’était s’assurer de rafler la médaille d’or. 

Dominique Anglade, PLQ 

Periode des questions
Photo Simon Clark

L’Assemblée nationale aurait pu réclamer d’une seule voix des excuses du gouvernement fédéral pour les 500 arrestations abusives d’octobre 1970, mais le PLQ a bloqué la motion, pourtant sobre, présentée jeudi par Pascal Bérubé. Selon la chef libérale, le libellé ne correspondait pas à «la vision de son parti» concernant les événements. 

Isabelle Charest, CAQ 

Periode des questions
Photo Simon Clark

La ministre des Sports a bien joué ses cartes. En échange des 20 millions $ devant compenser les pertes liées à la pandémie, elle a réclamé et obtenu de la Ligue de hockey junior majeur des sanctions plus sévères pour diminuer les bagarres. Un pas de plus vers l’abolition de cette violence inutile, source de blessures à la tête. 

Harold Lebel, PQ 

Periode des questions
Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne

Inquiet pour sa communauté alors que la pandémie a pris de l’ampleur dans le Bas-Saint-Laurent, le député a lancé un message clair aux anti-masques qui veulent manifester ce samedi à Rimouski. «On a notre économie à faire rouler, des vies à protéger. Qu’on commence à faire du covoiturage de Québec pour venir parader dans les rues de Rimouski, là, non, ça ne passe pas.» 

En vrac  

Allô les ministres? 

Il n’y a plus de mêlées de presse dans les corridors, respect des consignes sanitaires oblige. Mais les ministres du gouvernement caquiste pourraient venir au micro installé au foyer pour répondre aux représentants de la presse et ainsi parler aux Québécois. Allez, venez nous voir! 

Oui, mon capitaine! 

Periode des questions
Photo Simon Clark

Le député des Îles, Joël Arseneau, a multiplié les métaphores récemment pour parler des services aériens. Cette semaine, c’était plutôt fluvial : «Lorsqu’on a le sentiment de ne pas avoir de carte marine, de naviguer à vue, c’est extrêmement inquiétant. On se pose la question à savoir si le gouvernement même a mis quelqu’un à la barre.»