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Que faire avec son épargne?

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On traverse tout de même une période étrange. Une partie de l’économie se trouve complètement bloquée, le chômage n’a pas été aussi élevé depuis des lustres. Et puis quoi ?

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Le taux d’endettement baisse tandis que celui de l’épargne monte.

Que faire avec cet argent ?

Rien !

Cash is king

L’expression se traduit mal, elle constitue une invitation à s’asseoir sur ses liquidités et à patienter. À ne pas confondre avec « mettre son argent en lieu sûr ». Elle veut dire ça en partie, mais elle renvoie aussi à la capacité d’accéder rapidement à son pécule, en tout temps.

On n’a aucune idée pour l’instant de ce que nous réserve la pandémie. On a traversé la première vague en sachant qu’il y en aurait une deuxième. Maintenant que nous y sommes, on n’ose à peine spéculer sur sa durée. Quant à l’éventualité d’une troisième vague, le sujet est tabou. 

On entend ici et là des propos peu rassurants, comme « nouvelle normalité » ou « il faudra apprendre à vivre avec le virus ». Par là, on veut dire qu’il ne faut pas trop fonder d’espoir sur l’arrivée imminente d’un vaccin qui nous sortirait tout d’un coup du cauchemar.

On a beaucoup insisté sur les effets localisés de la pandémie sur l’économie (tourisme, culture, divertissement, restauration), mais si la situation perdure, les dommages pourraient se propager à d’autres secteurs. La prudence est de mise.

LA BOURSE ?  

Je suis de nature plutôt optimiste en ce qui regarde la Bourse, et j’hésite rarement à recommander d’y investir quand ça chauffe. C’est ce que font les riches, d’ailleurs, les crises sont souvent des moments opportuns pour dénicher de bonnes occasions, mais pas maintenant. 

Les marchés boursiers sont plus élevés qu’au temps prépandémique, les investisseurs anticipant visiblement un retour rapide à la normale. Cette confiance peut s’effondrer en un claquement de doigts, il suffit d’une mauvaise nouvelle, comme l’échec d’un vaccin prometteur. 

Je n’irais pas jusqu’à suggérer de retirer toutes ses billes du marché, quoiqu’une prise de profits peut s’avérer judicieuse. Pour les liquidités, mieux vaut les conserver. L’avantage, c’est qu’elles restent disponibles pour parer à toute éventualité. 

En attendant, on peut peaufiner sa liste d’investissements potentiels pour le jour où ça tournera mal et que les prix d’entrée seront plus invitants.

L’hypothèque ? 

Les taux d’intérêt sont si peu élevés qu’il n’y a aucun avantage à accélérer le remboursement de son hypothèque.

L’opération réduirait certes l’endettement, mais ne changerait rien au bilan. En cas de pépin, on pourrait être contraint de puiser dans la valeur libre de sa maison par l’intermédiaire d’une marge de crédit, avec des intérêts plus élevés que ceux de l’hypothèque.

Dans le meilleur des cas, il sera inutile de mettre les bouchées doubles sur les remboursements hypothécaires. Oubliez donc ça !

Les CPG ? 

Les certificats de placements garantis (CPG) figurent parmi les options les plus sûres, mais ils ne rapportent guère plus qu’un compte d’épargne dit à « intérêts élevés », sans offrir la même souplesse. Avec des certificats, votre argent est gelé selon le terme choisi (six mois, un an, deux ans...), donc inaccessible. Mauvaise idée. 

Les comptes d’épargne à « intérêts élevés » ?

Il y a quelque chose d’humoristique à leur accoler encore cette étiquette, mais les comptes à intérêts élevés ne représentent pas moins le meilleur endroit pour abriter ses réserves le temps que passe la crise.