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«Je parle des gens du passé, mais je m’adresse aux vivants»

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Photo courtoisie, Sion Assouline Ying Chen

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Ying Chen n’est ni une écrivaine traditionnelle ni une auteure de textes réalistes. Rayonnements, son 14e livre, s’inscrit dans cette lignée des romans intérieurs dont l’éternel thème de la quête de soi est porté par des personnages historiques et fantomatiques.

Depuis sa fenêtre, Ying Chen peut voir – et même sentir – la fumée des incendies faisant rage en Californie, balayée par le vent jusqu’à Vancouver où elle habite depuis presque 20 ans. Confinée dans sa maison de campagne, en proie à la nature qui se déchaîne, il n’y a nul doute que ce qui se passe à l’extérieur se retrouvera – de façon indirecte et certainement de façon imagée – dans l’un de ses prochains livres. Parce que l’écrivaine native de Shanghai venue s’établir au Canada en 1989 laisse « ce qui se passe dans l’ici et le maintenant » s’infiltrer dans ses textes. Et parce que la nature la préoccupe et lui tient infiniment à cœur.  

Deuxième œuvre d’une série qui devrait en compter trois ou quatre (l’auteure n’est pas encore fixée), Rayonnements présente une seconde histoire inspirée de faits historiques et de gens ayant déjà existé. Alors que Blessures (publié en 2016) mettait en scène le fantôme du médecin Norman Bethune, c’est le spectre de Marie Curie, de sa fille et du reste de la famille que l’on retrouve dans ce singulier univers littéraire. 

« Un peu comme ma façon d’être, moi qui suis entre les régions et entre les frontières, mes textes sont entre poésie, théâtre et essais », explique-t-elle.

Une quête collective

Avec ce texte donc, l’écrivaine de 59 ans – qui se défend de jouer à l’historienne ou à la sociologue – explique avoir voulu exposer à la fois son admiration pour les scientifiques et sa profonde inquiétude pour l’avenir du monde. 

« Tous mes livres présentent une quête de soi qui n’est jamais détachée du cadre social où je vis. Depuis Blessures, l’endroit où je vis et le temps où je me trouve me poussent à vouloir montrer que cette quête de soi est aussi une quête collective. »

Affirmant avoir énormément de respect et d’admiration pour l’avant-gardiste famille Curie, Ying Chen a eu envie de jouer avec les contradictions. Celles entre les phénoménaux résultats de ces recherches scientifiques et l’autre côté de la science menant notamment ici à la création de la bombe nucléaire. 

Consciente du danger que pouvait créer le fruit de son travail, la famille Curie a passé sa vie à travailler pour le bien. C’est ce bien « inintéressant » que l’auteure a eu envie d’écrire et de faire rayonner.  

Rayonnements<br/>
Ying Chen<br/>
publié aux éditions LEMÉAC<br/>
96 pages
Photo courtoisie
Rayonnements
Ying Chen
publié aux éditions LEMÉAC
96 pages