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L’Amérique fracturée

Jon Bon Jovi
Photo courtoisie, Clay Patrick McBride Sur 2020, Bon Jovi chante notamment sur la pandémie (Do What You Can) et sur le meurtre de George Floyd (American Reckoning).

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Quatre ans après This House Is Not For Sale, Bon Jovi est de retour avec son 15e album en carrière. Simplement intitulé 2020, le disque a vu son titre prendre une tout autre signification au cours des derniers mois. Le Journal a eu l’occasion de parler dix minutes, top chrono, avec le chanteur Jon Bon Jovi sur la pandémie, l’avenir des tournées et les élections américaines. 

Est-ce vrai que vous aviez déjà trouvé le titre de l’album, 2020, avant l’arrivée de la pandémie et de tout ce que nous avons connu ces derniers mois ?

« Oui, je le voyais d’abord comme une approche ironique au même titre que l’avait déjà été Have A Nice Day. [...] Quand nous sommes entrés en confinement avec la crise de la COVID, le titre a pris une signification plus profonde. J’ai alors décidé d’écrire une chanson sur la COVID, avec Do What You Can. Puis est arrivée la mort de George Floyd et je devais encore une fois écrire là-dessus [American Reckoning]. Avec ces nouvelles pièces sur l’album, je sentais maintenant que j’avais la vraie signification de 2020. »

Comment est-ce pour le groupe de sortir un album présentement sans que vous puissiez faire de concerts ?

« C’est différent. Ça ne veut pas dire que nous n’aurons jamais la chance de jouer les nouvelles chansons en spectacle. Mais la question est plutôt quand pourrons-nous le faire ? Et dans quel format ? C’est pour cette raison qu’il y a quelques semaines, nous avons décidé d’aller à Nashville et de filmer l’album dans son entièreté. Ce sera peut-être la seule façon de montrer aux gens les chansons. »

Êtes-vous inquiet pour l’avenir des tournées ?

« Je ne suis pas inquiet, car je crois que les communautés voudront que ça revienne. Je pense aux concerts incroyables que nous avons eus à Montréal à travers les années. C’étaient les meilleures soirées, remplies de sueur, et on faisait des marathons de trois heures. L’histoire que j’ai avec cette ville... Je crois que les gens voudront revivre ça. Les règles vont changer à court terme assurément. Je ne sais pas quand les tournées reprendront dans le futur. Je peux certainement garantir que ça n’arrivera pas en 2020. Et il y a des chances que ça n’arrivera pas non plus en 2021. »

Comment envisagez-vous les élections américaines de novembre ?

« [Il grimace.] Chaque élection, on dit que c’est l’élection la plus importante de notre vie. Mais cette fois-ci, c’est véritablement la plus importante de notre vie. Et probablement la plus importante depuis l’élection d’Abraham Lincoln en 1861. Il y a tellement une différence d’opinions en Amérique. Je prie pour une élection juste, pour que la voix de l’Amérique soit entendue. »

Pensez-vous que Bon Jovi peut avoir un impact auprès de la population lorsque le groupe demande aux gens d’appuyer tel candidat ?

« C’est une question intéressante parce que j’ai déjà fait campagne au fil des années pour une variété de candidats. Et quand on me demande si cela a un impact, la réponse est non. En fait, je crois que le travail d’un entertainer, que ce soit comme Frank Sinatra qui faisait campagne pour John Kennedy ou Beyoncé pour Barack Obama, c’est d’inciter les gens à venir aux rassemblements. Et après ça, c’est aux politiciens de les convaincre [de voter pour eux]. »

Que croyez-vous que les gens vont avoir appris de la crise actuelle ?

« Tout est politisé dans notre pays en ce moment, même le port du masque ! C’est inacceptable qu’on en soit rendu là. Nous sommes une nation vraiment fracturée et tout ce que j’espère, c’est que nous puissions réparer ces fractures. Mais ce n’est pas garanti. »

Avez-vous encore espoir que les choses se replacent ?

« Je suis optimiste qu’il y ait assez de gens sensibles qui veulent que l’Amérique continue et que nous puissions la réparer immédiatement. Je suis surtout optimiste envers la prochaine génération. Ce sont les jeunes qui vont finalement dire que c’est assez. J’ai une grande foi envers ceux qui ont gradué en 2020. Ils voient au-delà des divisions politiques et religieuses ou de l’orientation sexuelle. Ils ont grandi dans l’ombre des événements du 11 septembre et ils ont terminé leur secondaire dans une crise de la COVID... Les vieux hommes blancs, nous allons mourir bientôt. [rires] Je crois vraiment que ce sont les jeunes qui vont sauver tout ça. »


Le nouvel album de Bon Jovi, 2020, est disponible sur le marché.