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L’autre pandémie

FD-DECES-ATTIKAMEK
Photo courtoisie Joyce Echaquan quelques mois avant son décès.

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Depuis le décès tragique de Joyce Echaquan, une phrase de l’artiste Elisapie hante mes pensées.

«La COVID, on en parle beaucoup, mais il ne faut pas oublier qu’il y a une pandémie partout chez les autochtones. Chez les Inuk, il y a une pandémie qui s’appelle le suicide...»

Elisapie aurait pu ajouter la pandémie de violence contre les femmes, de dépendance aux drogues, de diabète, de chômage, et j’en passe. 

La liste est longue. Finalement, la mort de Joyce Echaquan nous a confrontés à la pandémie de notre propre indifférence qui dure depuis des décennies.

Et c’est justement cette indifférence qui permet à nos institutions de soins de santé, nos institutions judiciaires, scolaires, sociales de perpétrer une forme de discrimination bien insidieuse.

L’aveuglement volontaire

Le PDG du CISSS de Lanaudière s’est dit surpris de la violence avec laquelle Joyce Echaquan a été traitée à l’hôpital de Joliette.

Vraiment? Les annales de la commission Viens regorgent d’exemples de patients attikameks qui redoutent de s’y faire soigner. 

François Legault plaide que les réformes «cheminent».

La question essentielle, c’est pourquoi les directeurs d’hôpitaux, de CLSC, de cliniques n’ont-ils pas TOUS lu ce rapport? Pourquoi chacun d’entre eux n’a-t-il pas déjà saisi la balle au bond? L’urgence d’agir?

Parce que ce mépris, comme l’a si bien dit le mari de Joyce Echaquan, «le racisme systémique a contaminé l’hôpital de Joliette». 

Selon le chirurgien Stanley Vollant, on pourrait ajouter ceux de Roberval, d'Amos, de Châteauguay, de Sept-Îles, de Val-d’Or, de Baie-Comeau.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Assez, c’est assez

Cette discrimination, on y est tellement habitués qu’on ne la voit plus.

Et puis, ça fait tellement longtemps que ça dure, que ce ne sont pas un, deux ou trois ans de plus à faire «cheminer» les réformes nécessaires qui vont vraiment changer quelque chose.

C’est ça, une pandémie d’indifférence. 

Comme le dit si bien Elisapie, cette ignorance, elle tue.

On peut déjà prédire que le coroner va conclure que cette ignorance a contribué à la mort de Joyce Echaquan. Tout comme elle a contribué à la mort de Jaylia Jacob, de David Flamand, de Nadeige Guanish, et de combien d’autres dont on ignore les noms.

«Je ne veux pas devenir en colère, parce que je ne veux pas devenir comme les autres», a pleuré Carol Dubé, le mari de Joyce Echaquan, vendredi.

Il est temps que nous nous mettions en colère pour lui, pour elle. En colère contre notre propre indifférence et celle de nos institutions.