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Trois suspects tirés en 24 heures

Le Bureau des enquêtes indépendantes tentera d’éclaircir les circonstances de ces trois événements

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Des policiers ont dû faire feu en direction de suspects armés et menaçants deux fois en quelques heures dimanche, portant le total des interventions impliquant une arme à feu à sept depuis le début de l’année.

Dimanche matin, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) s’est rendu à Saint-Agapit, en Chaudière-Appalaches, pour enquêter sur la mort d’un homme de 41 ans, atteint par au moins un projectile de la Sûreté du Québec.

Selon nos informations, le suspect aurait tiré sur son propre véhicule avec une arme à feu – pour une raison inconnue – après avoir commis un méfait contre une installation d’Hydro-Québec.

  • Écoutez la chronique judiciaire de Félix Séguin avec Richard Martineau sur QUB radio:

Deux balles étaient visibles sur le véhicule du suspect de Saint-Agapit.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Deux balles étaient visibles sur le véhicule du suspect de Saint-Agapit.

Localisé dans un boisé quelques heures plus tard, il aurait tiré en direction des policiers, enclenchant une chasse à l’homme. 

Vers 7 h 30, le quarantenaire aurait été repéré à sa résidence dans le secteur de la rue Charest, où un périmètre de sécurité a été érigé. 

Une heure plus tard, il serait sorti par la porte avant de la propriété, tirant à nouveau en direction des policiers. L’homme aurait alors été atteint par balle et serait décédé, indique le BEI.

Or, cette mort survient quelques heures après que des policiers de Montréal aient ouvert le feu sur un homme armé d’un couteau, qui aurait foncé sur eux dans l’arrondissement de Montréal-Nord. 

L’individu souffrant de problèmes de santé mentale semblait porter un pyjama et transportait un livre. Il se serait introduit dans la zone de sécurité de la caserne des pompiers vers 6 h 45 avant l’intervention de la police.

L’intervention à Montréal-Nord quelques heures plus tôt pour un homme en crise.
Photo SCOOP Jérémie Lefebvre
L’intervention à Montréal-Nord quelques heures plus tôt pour un homme en crise.

Au moins cinq coups de feu auraient été tirés en sa direction, l’atteignant notamment à un tibia et au corps. Sa vie ne serait pas en danger.

Un pompier aurait aussi été blessé par un éclat d’aluminium à la suite des tirs. 

De plus, la veille, Denis Leblanc, 59 ans, a aussi été atteint par balles à Montréal, après avoir fait feu sur des policiers. Il venait vraisemblablement d’abattre ses deux sœurs, Diane et Sylvie, avec une carabine, dans le quartier d’Hochelaga à Montréal. On ne craint pas non plus pour sa vie.

Déjà sept interventions

Depuis le début de 2020, sept interventions policières sur les 41 dossiers ouverts se sont conclues avec l’utilisation d’une arme à feu par les autorités, selon les données du BEI. Par comparaison, on n’en comptait que deux au total l’an dernier. 

S’il est vrai qu’on dénombre beaucoup d’événements en peu de temps, il est difficile de faire un lien entre eux ou d’expliquer le phénomène, indique Jean-Claude Bernheim, expert en criminologie.

Néanmoins, il estime que le contexte de la pandémie pourrait avoir joué un rôle dans les événements, en raison du climat d’anxiété et des nombreuses tensions sociales.

« Ce qu’on peut peut-être présumer, c’est que la COVID-19 [...] crée des conflits, et les policiers se trouvent entre l’arbre et l’écorce. Et éventuellement, [...] peut-être qu’il y a quelques personnes qui pètent les plombs », avance-t-il.