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La boxe trop «vulnérable» à l’influence des Hells?

La RACJ se questionne sur un promoteur ayant eu des liens avec les motards

Embargo Hugo Girard
Photo Ben Pelosse Les avocats de New Era Fighting ont nié tout lien entre l’ex-actionnaire de la firme, Hugo Girard, et les motards lundi.

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La firme dirigée par le boxeur Yan Pellerin ne devrait pas obtenir un permis d’organisateur de galas parce que l’industrie des sports de combat au Québec est toujours « fragile » et « vulnérable » à l’infiltration du crime organisé.

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C’est ce qu’a plaidé la procureure Joliane Pilon devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), lundi, au sujet de la firme New Era Fighting & Promotion, qui souhaite organiser des galas de boxe et d’arts martiaux mixtes.

Yan Pellerin.
Promoteur
Photo Pierre-Paul Poulin
Yan Pellerin. Promoteur

Me Pilon, qui représente le service du contentieux de la RACJ, a réitéré que Yan Pellerin a déjà eu « des liens étroits » avec des membres des Hells Angels, « ce qui devrait inquiéter » l’organisme.

Elle estime que le témoignage livré la semaine dernière par l’athlète devenu promoteur « n’est pas crédible », ayant « minimisé » sa participation à des tournois de golf des Hells de Sherbrooke et son voyage au Brésil avec un membre du gang, entre 2003 et 2009.

Selon Joliane Pilon, il « a même menti » à la Régie.

Le crime organisé a déjà eu « la mainmise » sur les sports de combat, donnant lieu à la commission d’enquête publique présidée par le juge Raymond Bernier en 1986. 

« Ce n’est plus comme ça, mais il faut rester vigilant », a-t-elle insisté.

À la défense de Girard

Me Pilon a aussi reproché à M. Pellerin d’avoir « entraîné » son ex-associé dans New Era Fighting, Hugo Girard, à participer à un combat « arrangé » il y a un an à Montréal, ce qui est proscrit même si l’évènement servait à financer une bonne cause.

Lundi, les avocats de la firme se sont portés à la défense de l’homme fort, que deux membres de la Sûreté du Québec (SQ) qui ont témoigné devant la RACJ mercredi dernier ont dépeint comme ayant des liens d’affaires avec un Hells Angel et deux proches des motards.

Dans un rapport d’enquête déposé à la Régie, la SQ mentionne qu’une école de boxe dont des motards étaient actionnaires tenait ses activités au centre d’entraînement du populaire animateur à Saint-Jean-sur-Richelieu, le Hugo Gym.

Ces renseignements sont inexacts, selon les avocats de New Era Fighting. Depuis l’automne 2017, l’école Pro Boxe occupe les locaux d’un bâtiment « séparé » de celui abritant le Hugo Gym.

Le rapport de la SQ est truffé « d’erreurs » et de « lacunes sévères », selon Mes Alexandre Cayer et Simon Girard.

Alexandre Cayer a plaidé que Yan Pellerin est « intègre » et qu’il n’a pas de casier judiciaire ni de lien « contemporain » avec les Hells. Ses actifs de 2,3 millions $ le protégeraient contre toute influence des motards.

Les juges administratifs de la RACJ Natalia Ouellette et Marc Savard rendront leur décision d’ici 90 jours.