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Legault prêt à s’excuser à la famille de Joyce Echaquan

Le premier ministre du Québec tente de se rapprocher des Premières Nations

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François Legault tend la main aux communautés autochtones en s’engageant à les rencontrer une fois par semaine et se dit prêt à présenter ses excuses pour la mort de l’Attikamek Joyce Echaquan.

• À lire aussi: Joyce Echaquan: la rencontre entre Legault et les Attikameks aujourd'hui

 « Je suis prêt à m’excuser auprès de la famille. On va trouver le bon moyen de le faire », a affirmé le premier ministre en conférence de presse, lundi. 

Sa déclaration est survenue quelques heures après sa rencontre avec quatre chefs attikameks et celui de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard. 

Le grand chef du Conseil de la nation attikamek, Constant Awashish (à gauche), en compagnie des chefs attikameks Jean-Claude Méquish et Paul-Émile Ottawa et de celui de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.
Photo Pierre-Paul Poulin
Le grand chef du Conseil de la nation attikamek, Constant Awashish (à gauche), en compagnie des chefs attikameks Jean-Claude Méquish et Paul-Émile Ottawa et de celui de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.

« C’est un geste de réconciliation, si on veut, qui va sûrement être très apprécié par la communauté. C’était la bonne chose à faire, et peut-être même la moindre des choses à faire », estime Martin Papillon, professeur en science politique et spécialiste des droits des peuples autochtones. 

Les deux parties ont aussi convenu de lancer une campagne de sensibilisation contre le racisme au Centre hospitalier régional de Lanaudière, près de Joliette, où Joyce Echaquan est décédée peu après avoir été couverte d’insultes par deux soignantes.

D’autres demandes

Les chefs attikameks se sont dits « optimistes, mais prudents » à la suite de leur discussion avec le premier ministre et la ministre des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours. 

Ils ont entre autres demandé à ce que tous les futurs médecins et infirmières fassent des stages dans les communautés autochtones pour endiguer le racisme, dont la mère de sept enfants originaire de Manawan a été victime.  

  • Écoutez l'entrevue avec Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation attikamek:   

« Il ne faut pas que la mort de Mme Joyce Echaquan demeure vaine. Son décès nous rappelle qu’il y a un fossé très large qui nous sépare », a déclaré le chef du Conseil des Attikameks de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

Ce dernier aimerait aussi voir une participation attikamek dans l’enquête publique au sujet des circonstances entourant le décès de Mme Echaquan. 

La coroner en chef, Pascale Descary, a rappelé que tout groupe peut faire une demande au coroner responsable du dossier en tant que « parti intéressé » s’il souhaite être impliqué dans l’enquête. 

Faut-il voir dans le décès de Mme Echaquan un tournant dans les relations du gouvernement du Québec avec les Premières Nations ? 

« Il y a un momentum créé par la tragédie », convient le politicologue Martin Papillon. 

Il fait néanmoins remarquer que le gouvernement Legault a eu du mal à développer des relations avec les communautés autochtones depuis son élection et qu’il tente présentement de corriger le tir en mode « gestion de crise ».

Qu’une rencontre ait réuni les deux nations est en soi un progrès, juge-t-il.

« Et si [cette tragédie] peut amener le gouvernement à se réveiller sur les questions autochtones, ce sera encourageant. »