/entertainment/tv
Navigation

Permis de rire de Donald Trump

Saturday Night Live n’a pas épargné le président malade

Saturday Night Live
Photo courtoisie NBC Saturday Night Live a ouvert sa 46e saison en parodiant le premier débat entre Donald Trump (Alec Baldwin) et Joe Biden (Jim Carrey), malgré l’état de santé du président américain, victime de la COVID-19.

Coup d'oeil sur cet article

Peut-on rire d’un président hospitalisé ? En temps normal, ce serait de mauvais goût. Mais Donald Trump a changé la donne, croient des spécialistes en humour.

La télé américaine avance en terrain miné depuis que Donald Trump a contracté la COVID-19. On s’en est rendu compte vendredi, quand Jimmy Kimmel, Stephen Colbert et Jimmy Fallon ont tempéré leurs attaques quotidiennes parce qu’il avait contracté la COVID-19.

L’équipe de Saturday Night Live n’a pas mis autant de gants blancs samedi.

Pour ouvrir sa 46e saison, l’émission a parodié le débat entre Donald Trump (joué par Alec Baldwin) et Joe Biden (campé par Jim Carrey) en évoquant le diagnostic positif du leader républicain.

L’hospitalisation de Trump a aussi fait l’objet de plusieurs blagues durant Weekend Update, ce faux bulletin de nouvelles situé en milieu de programme. « Si c’était l’inverse, si Biden était tombé malade, Trump n’aurait pas hésité une seule seconde à l’imiter respirer sous respirateur artificiel pour faire rire une foule de partisans non masqués lors d’un rassemblement », a signalé l’humoriste Colin Jost. 

Nouvelles règles

Cette édition de Saturday Night Live a essuyé plusieurs critiques. Dans une vidéo publiée sur Instagram, Alec Baldwin a déclaré qu’ils auraient évité tout genre de moqueries envers Trump s’ils avaient senti qu’il était « vraiment gravement malade ».

Selon Daniel Langlois, scripteur et script-éditeur en humour, pour n’importe quelle autre personnalité publique, les humoristes auraient attendu qu’elle obtienne son congé de l’hôpital pour sortir leurs blagues.

« D’habitude, c’est tabou de rire de quelqu’un de malade, indique Daniel Langlois. La mort, la maladie... c’est le genre de sujets auxquels personne n’a envie de toucher. À moins d’y aller avec beaucoup de délicatesse. Mais comme Trump s’est déjà permis de rire publiquement des personnes handicapées ou encore de traiter des soldats tombés au combat de losers, la barrière est tombée. »

Pour Benoît Chartier, scripteur du talk-show La Tour, Trump mérite d’être la cible de telles blagues. 

« Il s’est élevé au-dessus du coronavirus, rappelle l’ex-professeur à l’École nationale de l’humour. Il s’est moqué de ceux qui portaient un masque. En adoptant cette position, il s’est exposé. »

« C’est la différence entre tragédie et comédie, poursuit-il. Si t’es aveugle et que tu tombes dans un trou, c’est tragique. Si t’es en train de texter et que tu tombes dans un trou, c’est drôle. »

Une trêve

Par le passé, des politiciens qui traversaient une période difficile ont déjà profité d’une trêve de plaisanteries à leur endroit.

Au Québec, l’un des plus célèbres exemples demeure celui du Bye Bye 1990, qui avait épargné le premier ministre de l’époque, Robert Bourassa, alors en convalescence après avoir connu des problèmes de santé. À la fin de l’émission, Dominique Michel avait déclaré : « Monsieur Bourassa, revenez-nous, car vous nous avez manqué, mais l’an prochain, on ne vous manquera pas ! »