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Association des pédiatres du Québec: «Les adolescents sont malades à cause de nos mesures!»

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Le resserrement des mesures sanitaires dans les écoles représente un véritable sacrifice pour toute une génération, juge l’Association des pédiatres du Québec dans une lettre ouverte publiée mardi matin.

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En entrevue avec Pierre Bruneau, la Dre Marie-Claude Roy, porte-parole de l’association, a plaidé en faveur des adolescents qui vivent durement les conséquences de la pandémie, mais surtout, les restrictions sanitaires.  

  • Écoutez l'entrevue de la Dre Marie-Claude Roy avec Geneviève Pettersen sur QUB radio:  

«On est inquiets. On est inquiets parce qu’on les voit aller depuis six mois. Ils comprennent, ils ont fait de gros efforts, et je trouve qu’ils ont le dos large depuis l’arrivée de la deuxième vague. Ils font des efforts et des sacrifices, mais on ne peut pas leur imposer cela sur une longue période», assure la pédiatre au TVA Midi. 

Elle note une augmentation des troubles anxieux, dépressifs ou alimentaires. Beaucoup de toxicomanie, des intoxications sévères et de la cyberdépendance. 

«Ces problématiques sont réelles, et elles vont en s’amplifiant. On craint qu’en enlevant ce qui fait la motivation de ces adolescents, qu’on les perde définitivement. Les vagues de décrochage sont déjà commencées», soutient la Dre Roy.

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Les pédiatres considèrent également que l’imposition de strictes mesures, comme l’arrêt des sports d’équipe, ou même l’école à la maison un jour sur deux n’empêcheront pas les jeunes de se voir les soirs et les fins de semaine. La transmission de la maladie va donc se perpétuer. 

«Les adolescents vivent ces années-là très intensément. Ce qui les pousse, ce qui leur donne cette énergie, c’est le désir très intense de socialisation. C’est ce qui leur permet de se distancier de la famille, ce qui leur permet de se construire comme adultes. C’est une période qui est brève et qui ne repasse pas. Or, cet élan vers les autres, ils vont continuer de l’avoir. Ce qu’ils font les soirs et la fin de semaine, c’est qu’ils se voient, même si on met des limites et des barèmes», décrit la pédiatre. 

Des mesures comme le port du masque partout sur le territoire de l’école, ou encore la sensibilisation par des policiers sont bienvenues, mais de leur enlever ce qui les motive à aller en classe est une catastrophe.  

Le gymnase, milieu où ils peuvent s’accomplir, est déterminant dans leur développement. 

«Ce n’est pas vrai que d’annuler un match de volleyball va permettre de lutter contre la COVID», souligne la Dre Roy. 

Mardi, près de 500 écoles enregistraient des cas de COVID-19, une donnée qui n’est pas le reflet de la contagion dans la communauté, juge-t-elle. 

L’adolescence ne peut pas être mise sur pause

«Le tribu à payer pour les adolescents est supérieur à celui qu’on demande au reste de la société. Les adultes devraient avoir la responsabilité de couper la chaîne de transmission. Ce n’est pas éthique déjà pendant 7 mois, et ça va se prolonger pendant de longs mois, de demander aux adolescents de mettre leur adolescence sur pause.»

Elle craint que la situation de la pandémie perdure dans la province, et elle se dit convaincue qu’il faut prendre des décisions sur le long terme, particulièrement afin de laisser vivre les jeunes. 

«Le rouge, il sera partout avant longtemps. Ça ne sera pas pendant 28 jours, ça sera pour de longs mois. Il n’y a pas de fin annoncée, il faut penser à plus long terme et faire des choix, en laissant les adolescents, qui, je le rappelle, ne sont pas malades de la COVID, vivre! Là, ils sont malades de nos mesures actuellement», conclut-elle.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.