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Le seul suspense électoral est au Sénat

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À quatre semaines du vote, le seul résultat électoral qui demeure profondément incertain concerne le contrôle du Sénat, où les enjeux sont énormes.

Quoi que Donald Trump fasse et quoi qu’il puisse lui arriver, rien ne semble pouvoir entamer l’avance de Joe Biden dans les intentions de vote. 

L’incertitude persiste sur ce qui pourrait suivre une victoire de Biden plus serrée que prévu, mais pour ce qui est du vote, c’est au Sénat que le plus grand suspense subsiste.

Vue d’ensemble

Sur 100 sénateurs, 53 sont républicains et 47 appartiennent aux démocrates et à leurs deux alliés indépendants. En 2020, 23 sièges républicains et 12 sièges démocrates sont en jeu. De ce nombre, seuls deux sièges démocrates et une dizaine de républicains ont des chances non nulles de changer de mains.

La hantise de la demi-douzaine de sénateurs républicains les plus vulnérables est évidemment la possibilité d’être emportés par une vague d’opposition à Trump.

La course présidentielle domine tout et les sénateurs qui voient l’appui à Trump s’affaisser dans leur État doivent composer entre l’instinct de se dissocier d’un président devenu toxique pour certains électeurs et la nécessité de ne pas s’aliéner ses partisans inconditionnels.

Quelques courses clés

Si Joe Biden l’emporte, les démocrates ont besoin d’un gain net de trois sièges pour prendre le Sénat. 

En Alabama, les républicains devraient reprendre le siège qu’ils ont perdu stupidement en 2018. En Arizona, l’ex-astronaute et candidat démocrate Mark Kelly bénéficie d’un fort courant d’opposition à Donald Trump. Le Colorado semble aussi destiné à échapper au républicain sortant.

Dans cinq autres États tenus par des républicains (Caroline du Nord, Géorgie, Iowa, Maine et Montana), il est impossible de prédire un gagnant. La course est aussi enlevante en Caroline du Sud. Le coloré républicain Lindsey Graham, qui a dû virer à 180 degrés sur de multiples promesses et déclarations, est chauffé par un jeune et dynamique adversaire démocrate afro-américain qui gagne des points chaque jour.

Crucial

Si Joe Biden devient président, la tâche qui l’attend – maîtriser la pandémie, redresser l’économie et ranimer la confiance envers les institutions politiques américaines – sera monumentale.

L’obstruction systématique qui est la marque de commerce des républicains au Sénat est la dernière chose dont les États-Unis ont besoin pour relever ces trois défis et reconstruire tout ce que Donald Trump a démantelé.

La confiance dans les institutions a été sévèrement malmenée par la présidence Trump. Ça n’aidera pas les choses si Washington est encore affecté par l’immobilisme et les conflits incessants qui ont marqué les épisodes récents de cohabitation.

Pour ce qui est des républicains, ils ont peut-être encore une mince chance de ne pas être définitivement transformés, à l’image de leur leader actuel, en un parti d’extrême droite étroit d’esprit et autoritaire. Pour éviter ce sort peu enviable et avoir une chance de redevenir le grand parti qu’il a été, le « Grand Old Party » gagnerait probablement à être entraîné dans une cuisante défaite de Donald Trump.