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Les démocrates inquiets de la suppression des votes

Les démocrates inquiets de la suppression des votes
Photo d'archives, AFP

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Tout comme ce fut le cas dans mon billet d’hier, je vous propose encore aujourd’hui de nous intéresser à un autre sujet que la gestion irresponsable du retour du président à la Maison-Blanche. Bien des sujets sérieux sont relégués au second rang depuis vendredi dernier et parmi eux, on retrouve la question de la suppression des votes.

Je ne compte plus le nombre de sites des journaux qui ont réservé des articles à ce thème sans pour autant lui accorder toute l’importance qu’il mérite. Le Financial Times, POLITICO, Forbes, ABC ou le New York Times, autant de publications qui s’inquiètent d’une pratique peu démocratique qui risque d’influencer le résultat de l’élection 2020.

Selon un récent sondage, Joe Biden aurait creusé l’écart au plan national et dominerait son rival par au moins 10 points. L’historien Allan Lichtman, célèbre pour ses prédictions des résultats aux présidentielles, affirme que Donald Trump sera battu. 

Malgré ce qu’indiquent les sondeurs, la suppression du vote pourrait réserver des surprises. Lichtman lui-même affirme que c’est un indicateur qu’il ne peut évaluer correctement, au point d’en perdre le sommeil.

La stratégie républicaine est la même depuis quelques cycles électoraux; redécoupage de la carte électorale et suppression du vote. Pas à l’échelle du pays, bien sûr, là où ça compte. On s’emploie à freiner le vote des minorités noire et hispanophone pour permettre à l’électorat républicain, blanc, masculin et plus âgé d’arracher de courtes victoires. 

Au redécoupage et à la suppression, il faut maintenant ajouter la désinformation. Encore ce matin, Facebook retirait une déclaration du président selon laquelle la COVID-19 n’était guère plus menaçante que la grippe saisonnière.

Depuis la convention démocrate, le parti a déployé une véritable armée de bénévoles et d’avocats pour éviter une distorsion importante du résultat. Si on se souvient qu’en 2016, Donald Trump n’a remporté trois États pivots que par des marges infimes, on peut aisément comprendre les craintes de la formation de Joe Biden.

On multiplie donc les poursuites judiciaires, les campagnes de sensibilisation, les inscriptions sur les listes électorales et on se bat pour le maintien de tous les bureaux de vote dans les circonscriptions. Comme le président a laissé planer le doute sur l’efficacité du vote par la poste, on encourage les électeurs à voter tôt ou à se déplacer pour enregistrer leur choix.

La guerre que se livrent Donald Trump et Joe Biden n’est pas qu’une affaire de sondages ou d’image, c’est aussi un combat qui se mène de plus en plus devant les tribunaux et sur le terrain. 

Au-delà du cirque électoral et des interventions théâtrales du président sortant, il faudra surveiller tous ces affrontements que les médias relèguent trop souvent très loin dans leur couverture. La clé du résultat s’y trouve peut-être.