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Les Hells seraient moins pires que les cartels mexicains

Des policiers du SPVM ont été invités à «se ranger du côté» des motards

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Photo d'archives, Agence QMI Le meurtre du trafiquant Michail Michakis à Laval, commis le 13 juillet 2019, serait lié à ses liens avec les cartels mexicains.

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L’emprise des Hells Angels sur le crime organisé au Québec est si forte que des proches du gang n’hésitent pas à narguer la police en disant que les motards sont un moindre mal et qu’elle doit s’y faire.

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C’est ce qui émane d’un rapport de renseignements du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) déposé en preuve, la semaine dernière, devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) dans le dossier de la firme New Era Fighting & Promotion.

Des policiers du Groupe Éclipse, la brigade qui patrouille les lieux fréquentés par des membres du crime organisé au centre-ville, ont même été invités à « se ranger » avec les motards d’ici advenant une percée de criminels issus de l’étranger, lors d’une visite au club de danseuses Chez Parée, le 26 octobre 2019.

Sur place, ils ont identifié un membre du chapitre des Hells de Montréal, Vincent Boulanger, en compagnie de deux acolytes au gabarit imposant dans une section VIP.

L’une de ces deux armoires à glace se nomme Seeyomak Salemi Seifoddin, qu’on surnomme « Le Perse ».

Décrit comme un proche du Hells Boulanger, l’homme de 27 ans est « un sujet connu pour être très violent et imprévisible », en plus d’avoir « déjà défié des policiers du Groupe Éclipse », a écrit le sergent Stéphan Clavet dans ce rapport dont Le Journal a obtenu copie.

« Cartels ou motards ? »

Il a directement demandé aux agents « de quel côté les policiers se rangeraient-ils si les cartels mexicains [en venaient] à vouloir s’imposer au Québec : cartels ou motards ? ».

Le rapport ne précise pas si les agents lui ont répondu. 

Mais la candeur d’une telle question a rappelé aux policiers que les Hells semblent confiants plus que jamais et qu’aucun autre groupe criminalisé canadien n’entend leur disputer le contrôle du lucratif marché de la drogue.

Le 24 septembre dernier, Salemi Seifoddin a écopé de 18 mois de prison après avoir été déclaré coupable d’une accusation de voies de fait graves au terme de son procès à Montréal. Il a cependant été remis en liberté provisoire après avoir porté le verdict en appel.  

À la boxe

« Le Perse » a aussi été vu par des agents d’Éclipse aux côtés de Salvatore Brunetti, cet ex-Rock Machine devenu un influent porte-couleurs des Hells Angels, lors d’un gala de boxe auquel plusieurs motards ont assisté au Centre Pierre-Charbonneau, le 20 septembre 2019.

La firme New Era Fighting & Promotion, qui a contribué à la mise sur pied de cette soirée, demande maintenant à la RACJ un permis annuel d’organisateur de galas de boxe et d’arts martiaux mixtes.

Lundi, une procureure du service du contentieux de la Régie s’y est opposée en invoquant des liens « étroits » que le président de la firme, Yan Pellerin, a déjà eus avec des Hells entre 2003 et 2009.