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Pris dans la marge

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Photo courtoisie, Parti vert La nouvelle chef du Parti vert, Annamie Paul.

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Il y a de ces franchises au hockey qui traînent éternellement dans la cave du classement, même si chaque année, on se dit qu’elle est mûre pour en sortir.

Le Parti vert du Canada est un peu l’incarnation politique de ce scénario.

Mais il y a de l’espoir. Les verts ont élu cette fin de semaine une nouvelle chef, Annamie Paul, une recrue très prometteuse.  

Le Parti vert a connu de modestes progrès dans les dernières années.

Sa joueuse de concession, Elizabeth May, a remporté un premier siège pour les verts en 2011. La députation verte a atteint un sommet de trois l’automne dernier, à la faveur d’élections générales.

Mais la percée tant espérée n’a pas eu lieu. Le parti a récolté un maigre 6,5 % des voix (4,4 % au Québec). Dans la foulée, Mme May a quitté son poste de chef, préférant le rôle de simple députée. 

Difficile au Québec

Les verts ont toujours « sous-performé » dans la province, même si les Québécois sont nombreux à se dire soucieux de l’environnement, sondage après sondage. 

Il faut dire que le terrain politique est plus occupé ici, avec la présence du Bloc québécois. Difficile, dans ce contexte, de se frayer un chemin.

Surtout que le Bloc, sous Yves-François Blanchet, a fait de l’environnement un de ses chevaux de bataille.

Et puis le Parti vert n’est pas réellement bilingue, un peu à l’image de Mme May, dont le règne s’est prolongé pendant 14 ans.

À ce titre, Annamie Paul représente un progrès majeur : son français est excellent. Il est même meilleur que celui des chefs conservateurs et néo-démocrates, Erin O’Toole et Jagmeet Singh.

L’avocate torontoise, mère de deux enfants, rêve d’un parti national et bilingue. Un objectif plus facile à réaliser lorsque l’exemple vient d’en haut. 

Modérée

Avec Annamie Paul, les verts ont choisi la voie de la modération. Sa plateforme promettait un revenu minimum garanti, l’accès universel à des médicaments et la décriminalisation de toutes les drogues pour lutter contre la crise des opioïdes.

Vous trouvez cela trop à gauche ? 

Son principal adversaire, « l’écosocialiste » montréalais Dimitri Lascaris, suggérait de plafonner la richesse, de couper de 50 % le budget de la Défense nationale et de mettre fin à l’extraction du pétrole albertain.

Modérée, comme je disais. 

On verra assez vite ce que Mme Paul a dans le ventre, elle qui tentera de succéder à Bill Morneau dans une circonscription très libérale de Toronto.

Tout cela pour dire qu’il y a de la congestion à gauche. Le gouvernement Trudeau s’amuse à emprunter des pages de la plateforme électorale du NPD depuis cinq ans. 

Le même croisement existe entre les néo-démocrates et les verts. 

Avec pareil embouteillage, le Parti vert aura fort à faire pour sortir de la marge.