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Que de promesses

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Voilà plus de 10 ans que l’administration Labeaume réfléchit à la requalification du secteur entourant le Centre Vidéotron, dont la nouvelle vision a été dévoilée hier. Mais ce n’est pas demain la veille que ce secteur dévitalisé sera enfin revampé.

En 2009, le maire promettait mer et monde pour le secteur avec l’ouverture d’un nouvel amphithéâtre. Il souhaitait revitaliser l’axe Hamel-Laurentienne, après avoir procédé pour les secteurs d’Estimauville et de la Pointe-aux-Lièvres. Régis Labeaume disait à l’époque avoir tous les plans, en être à raffiner le tout. Il était déjà question d’un boulevard urbain pour ce secteur bien situé. Dix ans plus tard, le maire a présenté hier, aux côtés de l’entrepreneur Jonathan Trudel, une vision où domine la reconversion de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain, plus vert, avec des bâtiments allant jusqu’à 14 étages. On veut bien croire la Ville, mais tant de promesses ont été faites pour le secteur, sans se concrétiser, qu’il vaut mieux demeurer des plus prudents. On n’a qu’à penser au Grand Marché, sis dans ce secteur, dans un magnifique bâtiment dans lequel le maire promettait de l’animation et de l’ambiance dignes d’un véritable marché public. 

Le résultat s’avère fort décevant. On peine à convaincre les gens de se déplacer dans ce secteur toujours peu attirant, si ce n’est que pour aller voir des spectacles, que la COVID a mis sur pause. 

Troisième lien 

Puis, sans plans plus précis de la part du gouvernement du Québec pour le projet de troisième lien qui devrait déboucher dans le secteur, la Ville peut toujours rêver. Elle devra néanmoins arrimer ses plans avec ceux du gouvernement du Québec, ce qui suppose des délais.

Le maire a tenté, hier, de minimiser cet impact du troisième lien. « Ça ne me tente pas de penser à quelque chose que je ne contrôle pas », s’est-il contenté de dire. Il a ajouté qu’il ne fallait pas « virer fou avec ça », retournant les questions au ministère des Transports. En 2015, la firme Dessau avait conclu qu’il fallait envisager un horizon de 20, 30, et même 40 ans pour une recomposition urbaine de l’autoroute Laurentienne et du boulevard Hamel. Cette conclusion se trouvait dans un rapport jamais dévoilé par la Ville de Québec, et dont Le Soleil avait obtenu copie. Une décennie plus tard, de nombreux indices laissent malheureusement croire que la firme avait vu juste.