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Sur une civière plus de 48 heures à 96 ans

Des proches s’inquiètent que son état s’aggrave à l’urgence

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Photo courtoisie Marie-Ève Nadeau et sa grand-mère, Gilberte Migneault, avant son départ en ambulance.

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Une famille s’inquiète que l’état de santé fragile de leur proche de 96 ans s’aggrave, puisqu’elle attend depuis plus de 48 heures sur une civière à l’urgence d’un hôpital de Longueuil. 

« Ça n’a juste pas de bon sens », lance Marie-Ève Nadeau, avant de fondre en larmes. Sa grand-mère était partie de chez elle en ambulance dimanche pour être hospitalisée et reprendre des forces sous les conseils d’une travailleuse sociale.

Or, l’aînée attend toujours de monter sur les étages de l’Hôpital Pierre-Boucher et d’être prise en charge.

Urgence déborde

Mardi après-midi, l’urgence de l’établissement de Longueuil était occupée à environ 150 % de sa capacité et 21 malades étaient sur une civière depuis plus de 48 heures.

Le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est souligne qu’une soixantaine de lits sont réservés pour des patients atteints de la COVID-19 et autant pour d’autres en attente d’une place d’hébergement.

« Les usagers qui sont actuellement sur les unités de soins sont souvent hypothéqués et déconditionnés ce qui fait en sorte qu’ils n’obtiennent pas leur congé toujours aussi rapidement qu’habituellement », répond le porte-parole Hugo Bourgoin.

Marie-Ève Nadeau craint désormais le pire pour sa grand-mère. Une récente chute a miné sa qualité de vie et l’aînée cachait ses douleurs pour éviter l’hôpital.

Mme Nadeau dit que sa grand-mère devra dorénavant être hébergée en CHSLD. Mais face à sa santé si fragilisée, une travailleuse sociale a d’abord recommandé un séjour à l’hôpital.

L’aînée était rendue « squelettique », selon sa petite-fille, ne pesant plus que 74 livres. 

Mais à la suite de son départ en ambulance, ses proches peinent à savoir quels soins l’aînée reçoit à l’urgence. Ils n’ont pas été en mesure de la visiter. « On ne peut pas lui parler, lui prendre la main », déplore Mme Nadeau.

En détresse

« Elle était déjà en détresse », craint Marie-Ève Nadeau, qui ne cherche pas à blâmer l’établissement, mais tout le système de santé qui laisse tomber les aînés, selon elle.

« Ce n’est pas digne, c’est épouvantable », déplore-t-elle. « Je comprends que le système est engorgé, mais est-ce que nous on pourrait être là pour aider ? », s’interroge-t-elle.