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Trump minimise la menace de la COVID-19, va « très bien » selon son médecin

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Fidèle à la ligne qu’il adopte depuis des mois, Donald Trump a minimisé mardi la menace de la COVID-19, tentant, face à des sondages alarmants, d’accréditer l’idée qu’il serait immunisé contre le virus, mais aussi contre la défaite.

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Dans un très bref bulletin de santé diffusé mardi, son médecin Sean Conley a assuré qu’il ne présentait désormais « aucun symptôme » de la COVID-19. « Il a passé une première nuit reposante chez lui (...) Il continue globalement à aller très bien ».

« JE ME SENS BIEN! », a tweeté le président américain, se disant impatient de débattre une nouvelle fois, le 15 octobre, avec son adversaire démocrate Joe Biden. 

À moins d’un mois du scrutin, Donald Trump joue, tweets et vidéos à l’appui, la carte du dirigeant sans peur ayant dompté le virus et appelant ses compatriotes à ne pas laisser la COVID-19 les « dominer ».

Au-delà de l’avalanche de critiques que ce discours suscite au sein du corps médical, il pourrait être difficilement audible dans un pays qui vient de franchir la barre des 210 000 morts. La COVID-19 sera, en 2020, la troisième cause de décès aux États-Unis.

Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Manque d’empathie

De son côté, le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, s’est mis en quarantaine après que le numéro deux du corps des Garde-côtes, l’amiral Charles Ray, a annoncé avoir été testé positif à la COVID-19.

Critiqué depuis le début de la pandémie pour ses messages brouillons, ses approximations ou encore son manque d’empathie, le président semble déterminé à ne pas changer de registre.

« La grippe saisonnière arrive! », a-t-il tweeté pour son premier réveil à la Maison Blanche après trois jours à l’hôpital militaire de Walter Reed.

« Allons-nous fermer notre pays? Non, nous avons appris à vivre avec, de la même manière que nous apprenons à vivre avec la COVID, qui, chez la plupart des gens, est beaucoup moins mortel! », a-t-il ajouté, au mépris des chiffres.

Peu après, Twitter a ajouté un avertissement à ce tweet avant sa lecture car il contenait des informations « trompeuses » sur la COVID-19.

Selon les autorités sanitaires américaines, la grippe saisonnière n’a jamais, au cours de la décennie écoulée, atteint le cap des 100 000 morts sur une année.

AFP

 

16 points de retard

Pour son retour à la Maison Blanche lundi soir, Donald Trump a opté pour une grande mise en scène, et rappelé à l’Amérique et au monde son goût de la provocation.

Juste après sa descente de l’hélicoptère, il a grimpé les marches vers le balcon de sa résidence. Là, il a ajusté sa veste, retiré son masque et levé les pouces, dans un étrange geste de défi au moment où les cas de COVID-19 dans son entourage se multiplient.

Son avenir politique est, pour l’heure, chargé de signaux menaçants.

À l’approche du scrutin du 3 novembre, les courbes sont inquiétantes pour le 45e président de l’histoire, qui redoute de devenir celui d’un seul mandat, contrairement à ses trois prédécesseurs: Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton.

Selon le dernier sondage CNN/SSRS rendu public mardi matin, il a désormais 16 points de retard (41% contre 57% d’intentions de vote) par rapport à Joe Biden.

Une sondage NBC/WSJ publié dimanche le plaçait 14 points derrière son rival démocrate.

AFP

 

Si l’on se penche sur la carte des États-clés susceptibles de faire basculer l’élection d’un côté ou de l’autre, l’avance est moins nette, mais elle est réelle, et constante.

Certes, une petit groupe de fidèles alimente le récit d’un président guerrier qui a vaincu le coronavirus et s’imposera dans les urnes dans la dernière ligne droite.  

« Diagnostic: dur à cuir », a tweeté lundi soir son ancien conseiller Sebastian Gorka. 

« Le président Trump a une nouvelle fois vaincu la Chine », a tweeté la sénatrice républicaine du Tennessee Marsha Blackburn, avec des images du président, qui qualifie la COVID-19 de « virus chinois », quittant l’hôpital.

Mais nombre d’élus républicains se sont d’abord fait remarquer par leur silence lorsque le président a tweeté lundi, depuis l’hôpital où il avait été admis vendredi soir: « N’ayez pas peur de la COVID. »

En moyenne, la semaine passée, 700 personnes sont mortes chaque jour de la COVID-19 aux États-Unis.

« Je retournerai bientôt sur le terrain pour ma campagne!!! », a assuré lundi Donald Trump.

Mais l’équipe médicale a clairement indiqué qu’une sortie de l’hôpital n’était pas synonyme d’un retour à la normale.

En face, Joe Biden, continue lui sa campagne à son rythme. Il devait prononcer mardi un discours depuis Gettysburg, en Pennsylvanie.