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Laurentides: les infirmières ne peuvent plus boire ou manger à leur poste de travail

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Des infirmières des Laurentides déjà surchargées dénoncent que leur employeur leur interdit désormais de boire ou de manger à leur poste de travail.

« Ça n’a aucun bon sens [...] On nous demande d’aller dans une salle de repas ou une cafétéria pour prendre une gorgée d’eau. Pour nous, c’est inconcevable », dénonce Julie Daignault, présidente locale de la FIQ dans les Laurentides (SPSL).

Dans une note de service aux employés, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides interdit de boire ou de manger au poste infirmier, dans tous les quarts de travail.

Il explique que l’analyse des cas de transmission montre que la prise d’un repas ou d’un breuvage à ces endroits contribue à la contamination entre employés.

Le seul

La note a semé la grogne chez les infirmières. Selon la FIQ, le CISSS des Laurentides est le seul de la province à faire une telle demande.

« [Les infirmières] sont capables de prendre une gorgée d’eau de façon sécuritaire. De le faire à deux mètres [des autres collègues], de se laver les mains et de changer de masque », affirme Mme Daignault. 

Elle souligne que le poste infirmier est souvent la « centrale » pour le personnel, un endroit névralgique où les infirmières reviennent plusieurs fois dans la journée.

Il lui paraît illogique de leur demander de partir en salle de repos ou à la cafétéria pour s’hydrater, par exemple, alors qu’elles sont déjà surchargées. « Les pauses ne sont pratiquement jamais prises, les repas sont écourtés », résume-t-elle.

Mme Daignault estime qu’elle compte actuellement une vingtaine de membres infectées, sur environ 4300.

« Bizarre »

Pour le professeur à l’UQAM et expert en virologie Benoit Barbeau, la décision du CISSS est « un peu bizarre ». Il s’explique mal en quoi demander à tous les employés de manger au même endroit réduit les risques de propagation de la COVID-19. 

« La problématique est équivalente », croit-il, ajoutant que l’interdiction rend les conditions de travail des infirmières plus « contraignantes ».

Par courriel, le CISSS des Laurentides soutient que le poste infirmier est un « endroit de travail où plusieurs surfaces et équipements sont touchés par un grand nombre de membres du personnel et de médecins ».

« Aussi, c’est un espace restreint où la distanciation physique qu’impose la pandémie actuelle ne peut être respectée. Il est donc essentiel que le masque et les autres équipements de protection individuelle nécessaires soient portés en tout temps », précise-t-on.