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Le fondateur de Couche-Tard poursuivi pour vices cachés

L’ancienne maison de Lorraine d’Alain Bouchard serait infestée de fourmis

Ancienne maison d’Alain Bouchard
Photo Pierre-Paul Poulin La luxueuse maison d’Alain Bouchard à Lorraine, sur la Rive-Nord de Montréal, a été vendue en 2017 pour 2,6 millions $. Elle serait infestée de fourmis.

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Un couple qui a fait l’achat, en 2017, de la luxueuse maison de l’homme d’affaires Alain Bouchard, à Lorraine, pour 2,6 millions $ veut être remboursé, car il estime s’être fait passer un sapin.

Mona Hammoud et Omar Hammoud ont déposé une poursuite à la fin septembre contre le fondateur et président du conseil d’administration des dépanneurs Alimentation Couche-Tard.

  • Écoutez l'entrevue de la juge à la retraite Nicole Gibeault avec Geneviève Pettersen sur QUB Radio:

Le fondateur de Couche-Tard, Alain Bouchard
Photo d'archives, Chantal Poirier
Le fondateur de Couche-Tard, Alain Bouchard

Le couple allègue que le milliardaire lui a vendu une maison truffée de vices cachés qui va leur coûter une fortune à réparer.

Ils réclament l’annulation de la vente et des frais pour 2,7 millions $.  

  • Écoutez la revue de l'actualité de Pierre Nantel et Maude Boutet sur QUB radio:   

La propriété était pourtant décrite comme « un chef-d’œuvre d’architecture » et une « majestueuse résidence marquée au sceau de la perfection », prétendent-ils dans le recours.

C’est tout de suite après avoir emménagé dans la demeure en mai 2018 que le couple dit avoir découvert le pot aux roses.

« Avant même d’avoir eu le temps de défaire toutes les boîtes, les demandeurs ont découvert la présence de fourmis à l’intérieur de la propriété », écrivent-ils.

Un exterminateur a ensuite constaté l’existence d’une colonie de fourmis gâte-bois sur tous les étages, expliquent-ils.

Des pièges sous les armoires découverts par le couple prouveraient, selon eux, que Bouchard avait connaissance du problème, même s’il niait tout ennui dans sa déclaration du vendeur.

Un majordome aurait aussi confié au couple qu’il avait déjà « contrôlé cette problématique ». Bouchard aurait par la suite refusé d’assumer les coûts d’extermination de 2874,38 $.

Bien inspectée

Les deux acheteurs allèguent avoir fait une inspection en bonne et due forme de la propriété. Leur inspecteur avait alors relevé d’importantes fissures aux linteaux de pierre.

Alain Bouchard aurait promis au couple d’effectuer les corrections. Il avait même mandaté un ingénieur, qui avait assuré que les problèmes n’étaient pas structurels. 

Le couple dit toutefois avoir constaté que les travaux promis n’avaient pas été bien faits. Lorsqu’ils ont fait venir leur propre ingénieur, celui-ci aurait établi que l’ingénieur d’Alain Bouchard avait émis un diagnostic erroné. 

Dommages importants

« L’absence d’un plan de drainage adéquat a causé des dommages importants et généralisés », allèguent-ils. Une étude microbiologique aurait révélé que les surfaces de sept pièces sont contaminées.

Le couple Hammoud dit dans le recours avoir fait faire quatre soumissions pour régler uniquement les problèmes de parement extérieur. La moins chère est à 859 000 $. Ils allèguent aussi qu’Alain Bouchard, après avoir offert sa collaboration, aurait ensuite nié sa responsabilité.  

Alain Bouchard n’a pas encore répondu à la poursuite.

– Avec Diane Meilleur