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Radiation exigée pour l’infirmière de l’hôpital de Joliette

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Des leaders autochtones craignent qu’on tourne déjà la page dans l’affaire de la mort atroce de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette en donnant l’opportunité à l’infirmière congédiée de se chercher un emploi dans un autre établissement de santé.

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Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, pense que l'infirmière doit perdre son droit de pratique, alors que l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) a confirmé à l’Agence QMI que cette infirmière a encore le permis d’exercer la profession, malgré son congédiement.

L’infirmière a été renvoyée du Centre hospitalier de Lanaudière, à Saint-Charles-Borromée, près de Joliette, après la mort à l’hôpital de Joyce Echaquan, une résidente de la réserve de Manawan, le 28 septembre. Mme Echaquan avait filmé en direct sur Facebook ses appels à l’aide pendant qu’on entendait des personnes, présumément des employés, tenir des propos racistes à son endroit.

«Il n'est pas question que cette madame retourne dans un hôpital pour soigner des patients», a affirmé M. Ottawa, mercredi, en parlant de l’infirmière.

«Oui il y a eu congédiement, mais l’infirmière peut facilement se présenter à n’importe quel centre hospitalier et être engagée», a pour sa part déploré Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.

«Il n’y a pas de leçon qui est tirée de tout ça, a ajouté M. Picard, craignant qu’on puisse trop rapidement normaliser ce qui s’est passé. D’autres personnes qui pourraient avoir ces tendances-là vont se dire que ça passe.»

Il faut qu’il y ait une plainte en déontologie à l’OIIQ pour révoquer le permis d’exercice d’une infirmière, selon Me Valérie Tellier, avocate senior en droit civil et droit du travail pour le cabinet Devichy Avocats.

«Ça peut prendre de 6 mois à un an avant qu’une décision soit rendue si plainte il y a», a expliqué l’avocate, alors que le lien d’emploi et le permis d’exercice sont deux choses différentes.

«Le congédiement pourrait aussi être contesté par l’infirmière parce qu’elle peut déposer un grief», a ajouté Me Tellier.

L’OIIQ a de son côté mentionné que «des éléments de preuves doivent être recueillis avant de déposer une plainte», alors que l’Agence QMI a demandé si une plainte en déontologie avait été déposée.

Rappelons qu’une préposée aux bénéficiaires a aussi été renvoyée relativement à cet événement.

- Avec Geneviève Quessy