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Comment vas-tu ?

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Comment vas-tu ? La question, banale à l’ère prépandémie, prend des dimensions de plus en plus complexes. De crainte d’une réponse miroir de la nôtre – du genre « ça ne va pas vraiment » –, on n’ose presque plus la poser.

La poser, il le faut pourtant. Y répondre, aussi. La santé mentale prend en effet le bord pour plusieurs. Pas toujours. Pas tout le temps, mais de plus en plus souvent. 

Happés par la deuxième vague, nous voici obligés de limiter encore nos contacts sociaux pour nous protéger les uns les autres de la COVID-19. La solitude, tous âges confondus, ça gruge le cœur et les neurones. 

Charge mentale

La charge mentale et physique des parents, proches aidants, personnel de la santé, enseignants, etc., se fait plus lourde que jamais. Nos arcs-en-ciel du printemps pâlissent à vue d’œil. 

Tenir le coup, il le faut pourtant. Or, tout le monde n’a pas la chance d’être bien entouré ou de vivre dans une communauté tissée serrée en temps de crise. Loin de là. 

Sans les 120 $ la session pour une ou un psy au privé, avoir accès à du soutien suivi en psychologie au public frôle aussi la mission impossible. 

Même nos téléphones soi-disant intelligents nous ont conditionnés à des communications dépersonnalisées par texto, Facebook, courriel, etc. Même entre amis ! Rare qu’un texto commence par « comment vas-tu ? ».

Connecter

Aurions-nous oublié la fonction de base du même appareil – celle de téléphoner de vive voix ? Pour prendre des nouvelles. En donner. Jaser de tout et de rien. Rire ou pleurer. Voir si on peut rendre un service ou en demander un. Bref, pour connecter. 

En quasi-confinement, pas de baguette magique. De simples appels viva voce pourraient tout au moins offrir un peu de cette précieuse chaleur humaine dont on doit se couper à nouveau de visu. Pourquoi pas même des chaînes téléphoniques entre voisins, collègues, etc. ?

Alors, dis-moi, comment vas-tu ?