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La défaite électorale semble inévitable

La défaite électorale semble inévitable
Photos AFP

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La dernière semaine a été brutale pour la campagne républicaine. S’il n’en tient qu’aux électeurs, Donald Trump se dirige tout droit vers la défaite.

À 26 jours du vote, on me dira qu’il est imprudent de s’aventurer dans les prévisions, mais il est désormais extraordinairement improbable que Donald Trump et son parti puissent renverser la tendance.

Les institutions démocratiques américaines tiendront-elles le coup ?

Rien ne va plus

Les signes de la défaite de Trump sont immanquables. Alors que des millions d’Américains ont déjà déposé leur vote, la moyenne des sondages donne une avance de presque 10 points à Joe Biden et l’appui à Trump ne donne aucun signe de reprise. 

Certains sondeurs évaluent l’écart à plus de 15 points. C’est un peu fort, mais de tels résultats indiquent qu’un renversement favorable à Trump est quasi inconcevable.

Dans les États clés, Trump recule. La Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan, qui avaient donné la victoire in extremis à Trump en 2016, penchent maintenant nettement pour Biden.

La Floride et l’Arizona sont aussi en voie d’échapper à Trump, notamment parce que l’échec monumental de sa gestion de la pandémie a fait disparaître son avantage chez les aînés. Le fait qu’il continue de minimiser cette crise et d’ignorer la souffrance des victimes n’arrangera rien.

Un autre signe que Trump se dirige vers la défaite est la panique qui s’est emparée des républicains, qui ne savent plus sur quel pied danser concernant les mesures d’urgence pour contrer les impacts de la pandémie.

On n’est plus en 2016

On me rétorquera que plusieurs, dont moi, prédisaient aussi une défaite de Trump en 2016. Ça n’a rien à voir. L’avance de Biden est beaucoup plus grande que celle de Clinton et l’opposition à Trump est beaucoup plus forte, constante et solide qu’en 2016. 

Cette élection est un référendum sur un président qui n’a jamais reçu l’appui d’une majorité de ses concitoyens et, par-dessus tout, les conditions objectives du pays lui sont irrémédiablement défavorables. 

En 2016, Trump n’était pas plus apprécié qu’aujourd’hui, mais il pouvait compter sur un atout de taille : son opposante était presque aussi impopulaire que lui. Joe Biden ne provoque pas du tout les mêmes sentiments et plusieurs républicains semblent disposés à lui donner une chance.

Tout n’est pas joué

À 26 jours du vote, les indécis sont tellement rares que même s’ils se rangent tous derrière Trump, il n’est pas clair que ça lui suffira. À moins d’un improbable effondrement de Biden, il semble désormais acquis que l’électorat américain est déterminé à montrer la porte à Trump. 

La vague d’opposition à Donald Trump ressemble à un tsunami qui pourrait coûter le contrôle du Sénat à son parti. Il sera intéressant, d’ici au 3 novembre, d’observer les sénateurs républicains vulnérables se distancer du président.

La volonté des électeurs ne fait pratiquement plus de doute, mais tout n’est pas entièrement joué. Reste encore à savoir jusqu’où iront Donald Trump et ses alliés pour faire obstacle à l’expression de cette volonté ou provoquer une crise constitutionnelle qui risque d’entacher les institutions démocratiques américaines.