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La LHJMQ frappée durement

Des experts affirment que les contacts représentent un risque d’infection

Le Phoenix et l’Armada se sont affontés à deux reprises lors du week-end passé.
Photo courtoisie, Vincent L.-Rousseau/Phoenix de Sherbrooke Le Phoenix et l’Armada se sont affontés à deux reprises lors du week-end passé.

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Les sept nouveaux cas de COVID-19 répertoriés chez le Phoenix de Sherbrooke, jeudi, tendent à démontrer que leurs adversaires du week-end, l’Armada de Blainville-Boisbriand, représentent la courroie de transmission du virus. 

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Selon des spécialistes en microbiologie, infectiologie et épidémiologie questionnés par Le Journal de Montréal, le risque de transmission du virus est bien présent dans la pratique des sports collectifs. Il n’est jamais nul, prétendent les experts. Surtout lorsque la « bulle » des activités n’est pas hermétique, comme c’est notamment le cas dans la LHJMQ. 

« Dans le sport, plusieurs facteurs doivent être considérés pour évaluer les risques d’infection par un porteur du virus. Il faut considérer l’intensité, la proximité, la durée et la protection », estime le Dr Karl Weiss, réputé microbiologiste et infectiologue. 

« Plus l’effort physique est grand, plus la respiration est fréquente et rapide, plus la charge virale excrétée est importante. Avec les contacts au hockey, lorsqu’il n’y a pas de protection faciale, le risque de transmission existe bel et bien. Il ne faut surtout pas le minimiser même si les jeunes sont considérés comme en santé. »

Rappelons que le week-end dernier, l’Armada a affronté deux fois le Phoenix. Mardi, une demi-douzaine de cas positifs étaient déclarés à Boisbriand. Le nombre de cas positifs parmi les joueurs et le personnel sportif avait grimpé à 18 le lendemain. La formation de l’Estrie répertoriait quant à elle déjà un cas, mercredi. Jeudi, le nombre avait augmenté à huit. 

Depuis l’été, des foyers d’éclosion internes sont apparus dans des équipes du baseball majeur et récemment dans la NFL. Il faudra observer les cas possibles de contagion chez les Chiefs de Kansas City depuis leur duel contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, lundi, où deux cas positifs sont connus. 

Limiter les contacts

Selon le Dr Weiss, dans les sports collectifs, comme le hockey et le football, les contacts, si courts soient-ils — mais répétées —, contribuent aux risques. « Si on additionne toutes les secondes écoulées près d’un porteur qu’on tente de couvrir durant un match, c’est une source non négligeable de transmission. » 

À cet égard, le gouvernement ontarien a ordonné, jeudi, à la Ligue junior de l’Ontario (OHL) de proscrire tous les contacts physiques lors de la reprise des activités dans quelques semaines. Une directive qui a soulevé un tollé, mais qui fait écho aux recommandations des experts.

« Le moteur d’une épidémie, c’est le contact entre les gens, explique Gaston De Serres, chercheur en maladies infectieuses au CHU de Québec et médecin-épidémiologiste à l’INSPQ. Plus les contacts sont fréquents, plus les risques de contagion augmentent. Quand le porteur est asymptomatique et contagieux, les risques de transmission sont encore plus importants. Il ne faut pas s’illusionner du temps d’exposition au porteur, il faut considérer les gouttelettes contaminées que reçoit l’adversaire. »

Aux contacts s’ajoutent les nombreuses mêlées et tous les facteurs propices à la transmission hors de la surface de jeu, tels que les regroupements dans le vestiaire ou un local et le temps de transport en milieu fermé.

Encore à la découverte

Puisque les scientifiques apprennent encore à découvrir le SARS-CoV-2, virus apparu il y a moins d’un an, les données sont encore embryonnaires. Il faudra plus de temps pour les collecter, les étudier et les interpréter avec efficacité. 

« On entre dans la deuxième vague de la pandémie. Les chercheurs ne travaillent pas avec des données assez suffisantes. Il faut se faire une meilleure idée pour mieux comprendre les comportements à adopter dans les sports plus à risque, émet le professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM et spécialiste de la virologie, Benoit Barbeau. Ce qu’on sait, c’est que les contacts et la proximité sont le principal mode de transmission. »

À l’Institut national du sport (INS), on signale que le risque zéro n’existe pas, peu importe les sports. Il préconise une approche éducative auprès des athlètes. 

« Toutes les mesures sanitaires sont basées sur les connaissances actuelles, témoigne la directrice médicale, la Dre Suzanne Leclerc. Chaque sport est évalué. On commence à avoir des données plus précises. Tout le monde veut mieux comprendre. » 

Chronologie de la semaine

Vendredi : Armada c. Phoenix

Dimanche : Phoenix c. Armada

Lundi AM : un 1er joueur de l’Armada reçoit un test positif à la COVID-19 après avoir ressenti des symptômes et avoir été rayé de l’alignement

Lundi PM : joueurs et personnel de l’Armada soumis au test de dépistage

Mardi : 7 tests positifs confirmés chez l’Armada

Mardi soir : joueurs et personnel du Phoenix soumis au test de dépistage

Mercredi : 1er cas positif chez le Phoenix, 18 cas positifs chez l’Armada

Jeudi début PM : 7 autres tests positifs, portant le total à 8 cas positifs chez le Phoenix

-Selon les données de la LHJMQ et du Phoenix