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L'accès aux soins de santé, toujours problématique pour les Attikameks

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Photo courtoisie

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La mort atroce de l'Attikamek Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette soulève non seulement la question du racisme auquel font face les Premières Nations, mais également leur difficulté à accéder aux soins de santé.  

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Mme Echaquan est cette résidente de la communauté de Manawan, dans le nord de la région de Lanaudière, qui est morte le 28 septembre en appelant à l’aide de son lit d’hôpital sous une pluie de propos racistes de la part de membres du personnel.

Les Attikameks de Manawan se sont battus pendant trente ans avant d'obtenir finalement en 2018 un service ambulancier, raconte leur chef Paul-Émile Ottawa. «Ç’a été extrêmement difficile pour que le gouvernement accorde ça.»

Trouver des médecins qui acceptent d'aller sur la réserve est également un enjeu.

«Ce n'est pas payant pour les médecins de venir nous voir, alors beaucoup abandonnent pour cette raison», ajoute-t-il.

En Outaouais, à Maniwaki, pourtant plus accessible, les médecins reçoivent une prime supplémentaire, selon le chef Ottawa.

«Manawan n'est pas reconnue comme une région éloignée, pourtant c'est un voyage difficile, sur une route dangereuse. On demande ça depuis des années, pourtant ça ne s'est jamais solutionné.»

Pour sa part, Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, pense que des services de santé spécialement dédiés aux Attikameks de Manawan seraient une bonne chose.

«Les trois communautés attikameks, soit Manawan, Wemotaci et Obedjiwan, sont éloignées de centres urbains de plusieurs centaines de kilomètres et ne sont accessibles que par des chemins de terre appartenant à des compagnies forestières, explique M. Picard. Dans le cas de maladies chroniques qui nécessitent des visites hebdomadaires à l'hôpital, comme le diabète, les gens sont obligés de déménager et de quitter leur communauté.»

Construire un centre de santé régional qui leur soit dédié, où les services seraient offerts dans leur langue et en accord avec leur médecine traditionnelle, serait une bonne chose, pense-t-il. «Il y a un projet de construction d'un centre hospitalier pour les Cris à la Baie-James, donc c'est quelque chose qui peut se faire.»

À Ottawa, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, affirme travailler dans le sens d'une offre de service qui réponde à la réalité autochtone.

«Les plus grands succès résultent des systèmes de santé menés par les Autochtones, ainsi nous accélérons les travaux visant à élaborer conjointement une législation sur la santé des Autochtones fondée sur les distinctions avec les Premières Nations, Inuits et Métis. Nous nous engageons à co-développer avec eux une loi qui répondra à leur réalité et accroîtra leur contrôle des services.»

Services aux Autochtones mentionne offrir temporairement depuis la semaine dernière un service d'accompagnement psychologique et le transport vers les centres hospitaliers de Terrebonne, Repentigny et de Trois-Rivières pour les membres de la communauté de Manawan.

De son côté, Sylvie D'Amours, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, dit être à l'écoute des demandes des Attikameks et «souhaiter agir rapidement, en constante collaboration avec les Premières Nations, pour la suite des choses».