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Trump: l’inspirateur du complot du Michigan?

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Le FBI a déjoué un complot visant à renverser le gouvernement du Michigan et à kidnapper sa gouverneure démocrate, Gretchen Whitmer, afin de la juger pour trahison et de l’exécuter avant les élections du 3 novembre pour influencer le résultat du vote en faveur de Trump. Les comploteurs envisageaient de l’enlever à sa résidence de campagne. Leur plan détaillé prévoyait notamment de détruire à l’explosif un pont routier menant à sa maison pour contrer l’intervention de la police. 

Le groupe envisageait aussi de prendre d’assaut le capitole de l’État et d’y prendre des otages. Une quinzaine d’individus sont accusés d’avoir conspiré pour kidnapper la gouverneure et d'avoir commis divers autres crimes. 

L'enquête a débuté au début de 2020, lorsque le FBI a appris, par les médias sociaux, que des individus discutaient du renversement violent de plusieurs gouvernements d'État qui appliquaient des règles sanitaires pour lutter contre le coronavirus et des attaques contre des forces de l'ordre. 

Fin juin, l'un des accusés a publié sur Facebook une vidéo où il dénonçait le système judiciaire de l'État et les restrictions liées à la COVID-19 dans les gymnases du Michigan.

Trump est directement impliqué dans cette affaire. Dans un tweet du 17 avril dernier, il a appelé à «LIBERATE MICHIGAN» (LIBÉRER LE MICHIGAN!). C’était un appel tacite – sinon explicite – pour que les milices agissent contre l’application des directives de confinement et de distanciation de la gouverneure Gretchen Whitmer. Effectivement, des miliciens du Michigan, fusils d’assaut au poing, en tenues de combat, se sont déployés sur les marches du capitole de l’État à Lansing, la capitale de l'État, dans les jours suivants. Avec plusieurs centaines d’autres manifestants, certains armés de pistolets et de revolvers, ils ont pénétré à l’intérieur de l’édifice, une pratique stupide et dangereuse permise dans cet État. Une sénatrice a déclaré que des hommes armés lui avaient crié des insultes. Pour parer à toute éventualité, certains sénateurs prudents portaient des gilets pare-balles. 

La présence d’une milice armée à une manifestation de colère contre le confinement sanitaire au Michigan avait marqué une escalade de la pratique américaine de s’armer pour protester contre des décisions gouvernementales. 

Trump avait qualifié les manifestants du Michigan de «très bonnes personnes», la même expression qu’il avait utilisée pour excuser les suprémacistes blancs et les néonazis qui avaient participé à la manifestation violente de Charlottesville en 2017. Par la suite, des miliciens armés ont participé, dans plusieurs autres États, à des manifestations pour réclamer la levée des restrictions liées à la pandémie. 

Depuis l’élection de Trump, les milices ont développé des liens avec les républicains. Les autorités estiment que les quelque 280 milices armées auraient quelque 100 000 membres dans plus de 40 États américains. 

Depuis 1990, il y a eu plus d’attaques meurtrières aux États-Unis par des groupes armés d’extrême droite que par des terroristes islamistes. Ces dernières années, plusieurs de ces groupes armés ont affronté les autorités fédérales dans une série de conflits dans l’ouest des États-Unis. Seulement environ la moitié des États américains ont des lois qui régissent les milices privées, mais n’interdisent pas leur création. Incroyablement, un seul État sur 50 les interdit carrément, le Wyoming. 

Comment en est-on arrivé là? Tous ces matamores de village en tenues de camouflage, fusil d’assaut à la main, invoquent le fameux deuxième amendement à la Constitution qui parle du droit de porter des armes dans «une milice bien réglementée», sans définir l’expression. 

Les États-Unis sont le seul pays développé qui laisse se constituer, s’armer et s’entraîner sur son territoire des organisations paramilitaires qui se donnent pour mission de protéger les citoyens des intentions «maléfiques» de l’État, du «Deep State», incarné, pour eux, par le parti démocrate. 

À la suite du débat des candidats à la vice-présidence, Trump a traité Kamala Harris de «monstre communiste antipathique». J’espère que la sécurité a été renforcée autour de la sénatrice. De nombreux partisans armés de Trump sont aussi déséquilibrés que lui.