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TVA sort deux bons tours de son sac

ART-RENTRÉE-TVA
Photo d'archives, Agence QMI Marie-Ève Janvier

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En pleine pandémie, concevoir des émissions qui respectent les contraintes sanitaires, c’est aussi difficile que réussir le cube Rubik. 

Patrick Huard, les concepteurs d’Attraction Images et de Québecor Contenu viennent de réussir un doublé avec La tour et À tour de rôles. Dans son « néo-talk show », Huard surprend moins que Marie-Ève Janvier. Après avoir donné ses lettres de noblesse à la téléréalité, L’amour est dans le pré, Marie-Ève est éclatante dans sa nouvelle émission.

Les amateurs de comédie musicale l’avaient découverte – Jean-François Breau aussi ! – dans Don Juan de Félix Gray. La jeune fille de Roxton Pond n’avait pas encore 20 ans, mais elle possédait le naturel et le charisme d’une interprète d’expérience. Ces deux qualités ont transformé comme par magie la chanteuse en animatrice.

Au printemps, un patron de TVA m’avait parlé d’À tour de rôles comme d’une émission conçue spécifiquement pour répondre aux contraintes actuelles de la Santé publique. Ce qu’il m’en avait dit me faisait craindre que l’émission ressemble aux Enfants de la télé

HUMOUR ET ÉMOTION

À tour de rôles est à mille lieues des Enfants de la télé. Composé d’un plateau circulaire et d’écrans multiples, agencés en hémicycle, le décor est spectaculaire. Marie-Ève y reçoit deux artistes ayant été souvent les vedettes d’une même série. En même temps que les téléspectateurs, les artistes découvrent des scènes dans lesquelles ils ont joué des personnages marquants. Plusieurs les voient pour la première fois. Pour ceux qui l’ignorent, la plupart des acteurs préfèrent ne pas se revoir à l’écran, surtout dans les séries de télé.

Contrairement aux Enfants de la télé, À tour de rôles ne cherche ni à surprendre les vedettes ni à les rendre mal à l’aise. Si le climat de l’émission est à l’humour, il ne dédaigne pas l’émotion. C’était émouvant, par exemple, d’entendre Guylaine Tremblay commenter la fameuse scène d’Unité 9 dans laquelle on la soumet à une fouille à nu intégrale. Dans la foulée de l’émission, les comédiens se livrent à des confidences ou racontent des anecdotes qu’on ignorait.

Marie-Ève Janvier enchaîne d’un sujet à l’autre avec aisance et relance les propos avec habileté, tout en restant discrète. C’est le modèle que devraient suivre toutes celles qui rêvent de devenir animatrices.

HUARD TAMBOUR BATTANT

Dans La tour, le rôle de Patrick Huard n’est pas d’être discret. Il mène le « show » tambour battant, mais il le fait sans prétention et aborde ses invités avec empathie. Ses apartés sont bienvenus à condition qu’ils ne soient pas trop nombreux. Comme s’il craignait qu’on s’ennuie – c’est la hantise de tout humoriste –, Huard a tendance à couper abruptement un propos pour passer à un autre ou accueillir un invité.

Ayant moins d’une demi-heure à sa disposition, l’hôte de La Tour aurait intérêt à éliminer un invité afin d’avoir avec les autres des conversations plus soutenues. 

Huard nous avait prévenus : « It’s a work in progress... » Comme il a fait des centaines de spectacles devant des salles combles, il saura sûrement rabibocher sa tour pour qu’elle atteigne les sommets qu’il espère.  


♦ Mes excuses à madame Girault. Dans ma chronique de mardi, j’ai écrit que le cabinet de François Legault comprend 27 personnes, dont un seul Noir. Je pensais à Lionel Carmant et j’ai oublié Madame Nadine Girault. Un détestable fond de machisme est peut-être responsable de mon oubli. Possible aussi que Madame Girault soit trop effacée.