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Climat de peur à la Fédération des médecins spécialistes du Québec

Un ancien cadre réclame 1,5 M$ à la suite de son congédiement

Diane Francoeur
Photo d'archives, JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Diane Francoeur

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Un ancien cadre de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ) du Québec réclame 1,5 M$ à la suite de son congédiement. Dans sa poursuite, il dénonce le climat de peur, du harcèlement psychologique et le leadership toxique de la présidente, Diane Francoeur. 

L’ancien directeur des affaires juridiques, Sylvain Bellavance, indique dans la requête déposée au palais de justice de Montréal qu’il a appris son congédiement par texto en juillet 2019 alors qu’il était en congé de maladie.

L’avocat de formation travaillait sans interruption à la FMSQ depuis 1994. Il indique que c’est après le départ de Gaétan Barrette et l’arrivée de la nouvelle présidente, en 2015, que tout a basculé.

«Au fil du temps, les interactions avec la présidente se traduisirent de plus en plus par son réflexe accru à dénigrer les autres en les qualifiant de termes péjoratifs divers, – dont moron, moronne finie, “crétin”, etc. – », indique la poursuite de 58 pages.

Leadership toxique

Les négociations difficiles et les lois adoptées par le gouvernement Couillard pour inciter les médecins à travailler plus auraient contribué à la dégradation du climat de travail.

Sylvain Bellavance était à la table de négociation avec le gouvernement lors des différentes rondes de négociation.

«Au niveau de la gestion interne de I'organisation de la défenderesse (FMSQ), cette période permet malheureusement de révéler le manque de leadership, voire le leadership toxique, de la présidente», est-il écrit dans la poursuite de 58 pages. 

Selon le document, à peine 30% des 55 personnes qui étaient en poste à la Fédération lors de l’arrivée de Diane Francoeur sont toujours là. Plusieurs ont décidé de quitter l'organisation, ont été congédiées ou se sont retrouvées en congé de maladie.

Firme externe

Une firme de psychologie organisationnelle a été embauchée pour tenter de trouver des solutions à l’interne. Sylvain Bellavance indique avoir été déçu de l’exercice, comme plusieurs de ses collègues.

«La présentation ultérieure de ce rapport aux membres du personnel provoqua par la suite certaines railleries, ce qui entraînera une perte de confiance face à l'exercice en cours qui semblait dès lors davantage voué à protéger l'image de la présidente», soutient-il.

Les difficiles négociations pour son nouveau contrat de travail en 2018 et 2019 ont accéléré la dégradation de la relation professionnelle. En mars, il a pris un congé de maladie. 

Au moment où il songeait à revenir, on lui a annoncé la terminaison de son contrat. Il a par la suite porté plainte pour harcèlement psychologique à la CNESST. Il a également tenté de négocier des indemnités, en vain. 

Il réclame maintenant des indemnités totalisant 984 000$, en plus de dommages moraux et punitifs de 200 000$.

Les faits mentionnés dans la dénonciation n’ont pas encore fait l’objet de preuves devant le tribunal.