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Un troll en pénitence trois ans pour éviter 30 jours de taule

Il avait été trouvé coupable d’incitation à la haine envers les musulmans sur le web

palais de justice Montreal
Photo d'archives, Chantal Poirier Pierre Dion, photographié au palais de justice de Laval en 2019, avait porté sa cause en appel après avoir écopé d’une peine d’emprisonnement de 30 jours.

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Un troll coupable d’incitation à la haine pour ses propos odieux sur les musulmans, diffusés sur YouTube après la tuerie à la grande mosquée de Québec, devra passer trois ans en pénitence s’il veut éviter 30 jours de prison.

Pierre Dion, un Montréalais de 51 ans, vient d’obtenir des tribunaux une chance de montrer à la société qu’il regrette vraiment ses insultes proférées dans deux vidéos qu’il a mises en ligne le jour du deuxième anniversaire de ce drame, en janvier 2019.

Ce travailleur de la construction avait porté sa cause en appel après avoir écopé d’une peine d’emprisonnement de 30 jours en Cour du Québec.

Dans une décision rendue la semaine dernière, le juge Éric Downs a décidé de surseoir à l’exécution de cette peine en imposant au fautif une série d’ordonnances et de conditions à respecter lors des trois prochaines années. Si Dion y parvient, il n’ira pas derrière les barreaux.

« La sévérité n’est pas l’apanage de l’emprisonnement », a fait valoir le magistrat de la Cour supérieure.

Selon lui, le juge de première instance, Gilles Garneau, a erré en se montrant plus sévère que les recommandations des procureurs de la Couronne et de la défense.

Don de 1500 $ et travaux

En plus de garder la paix durant cette probation de trois ans, Dion devra effectuer 100 heures de travaux communautaires d’ici 18 mois pour « susciter la conscience de sa responsabilité », a dit le juge Downs.

De plus, il a l’obligation de faire un don de 1500 $ à un organisme de charité œuvrant auprès des musulmans, afin « de contribuer à la réparation des torts causés aux victimes potentielles » de cette communauté.

L’ex-résidant de Terrebonne, sur la Rive-Nord, se voit également interdire d’acquérir des armes et de partager publiquement « tout message concernant la communauté musulmane ou l’Islam sur les réseaux sociaux » ou ailleurs sur le web.

Son avocat, Me Francis Le Borgne, a aussi tenté de faire casser le verdict de culpabilité rendu l’an dernier contre Dion, mais en vain.

« pas l’air sincère trop, trop » 

La première vidéo que Dion avait diffusée le jour du deuxième anniversaire de la tuerie à la grande mosquée de Québec, le 29 janvier 2019, s’intitulait Alexandre Bissonnette, le condamné injuste, en référence au tireur qui s’est avoué coupable du meurtre de six victimes de confession musulmane.

Criant à « l’invasion », Dion qualifiait d’un ton agressif les musulmans de « gang de dérangés » et de « race ‘‘bâtard’’ », (tout en invitant le Québec à « se réveiller » et à mettre dehors « toute c’te marde-là ».

Devant le juge Garneau, il avait dit regretter ses paroles, mais le magistrat trouvait que ses remords n’avaient « pas l’air sincères, trop, trop ».