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Antoine Corriveau: si j’avais un char...

Antoine Corriveau Pissenlit
Photo courtoisie, LePetitRusse Antoine Corriveau arrive avec un nouvel album quatre ans après Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter.

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En 2018, à l’âge de 33 ans, Antoine Corriveau a passé pour la première fois son permis de conduire. Après s’être acheté une voiture, l’auteur-compositeur s’est rendu à Natashquan pour une résidence d’écriture. S’est ensuivie une réflexion sur le territoire qui l’a inspiré pour son nouveau « road album », Pissenlit. 

Antoine Corriveau Pissenlit
Photo courtoisie

Pour son quatrième album, Antoine Corriveau avait envie de liberté. Un sentiment peut-être procuré par la voiture qu’il venait de s’acheter, le musicien souhaitait aller dans différentes directions.

« J’ai fait beaucoup de route pour la musique et pour le fun, dit-il. Je me suis mis à écrire dans de petits cahiers, au lieu d’un habituel laptop [ordinateur portable]. J’ai écrit dans beaucoup d’endroits et de contextes différents. Ç’a donné de quoi de plus mélangé. »

C’est en réécoutant l’album Odelay de Beck qu’il a eu un déclic. « J’ai beaucoup aimé le côté free-for-all qu’il y avait sur ce disque-là. C’est un côté que je retrouve aussi sur certains disques des Beastie Boys. J’avais envie de me permettre ça, un disque où une chanson quasiment punk peut côtoyer une ballade. »

Énergie rock

C’est aussi pour ajouter du tonus à ses concerts qu’Antoine Corriveau s’est dit qu’il pouvait faire quelques titres plus rock. « J’avais envie de finir mes shows fatigué [rires] ! J’aime beaucoup cette énergie-là, des chansons plus rapides, plus rock. Tu ne peux pas être contemplatif sur scène quand tu les fais. »

La genèse de Pissenlit s’est amorcée lors d’un voyage à Natashquan, il y a deux ans. Là-bas, pendant une semaine, Antoine Corriveau a côtoyé différents artistes (musiciens, poètes, photographes). 

« Il n’y a pas beaucoup de choses que j’ai écrites là-bas qui se retrouvent sur le disque. Mais c’est un peu là que tout a commencé. J’ai commencé à composer des musiques qui ont fini par faire des chansons. »

Mauvaise herbe

Quand on lui demande quelle est la signification du titre de l’album, l’auteur-compositeur répond qu’un pissenlit fait d’abord référence aux souvenirs d’enfance. « C’est la première fleur qu’on cueille et avec laquelle on fait des bouquets. »

En travaillant sur l’album, Antoine a aussi eu des réflexions sur le racisme au Québec. « Sur le génocide – je n’ai pas peur de le dire – des Premières Nations sur notre territoire, dit-il. Sur les disparitions de femmes autochtones et la manière dont on refuse ça. »

« Quelqu’un m’a dit : le pissenlit, on voit ça un peu comme une mauvaise herbe. Et c’est un peu comme ça qu’on traite les Premières Nations. C’est une image excessivement violente qui m’a fait de la peine. Mais ça m’a permis de trouver ce titre-là qui était judicieux pour mon disque. »

Le virtuel en attendant

Au printemps, avec l’arrivée de la pandémie, Antoine Corriveau se demandait ce que serait la vie de son nouvel album.

« Je trouvais ça très difficile. Mais aujourd’hui, je t’avoue que j’ai fait la paix avec ça. J’ai l’impression que c’est quasiment comme si tout ça est devenu le “nouveau normal”. »

Pour la première fois, son disque paraîtra simultanément en France, en Belgique et en Suisse. Son passage en Europe devra toutefois attendre. « Je vais laisser le disque vivre sa vie comme il le peut, et tant mieux si on finit par avoir l’occasion de faire des shows », dit-il sagement.

D’ici là, il pourra au moins jouer ses nouvelles pièces mardi, dans un lancement virtuel. « On devait faire un spectacle à capacité réduite, avec aussi des billets virtuels. Finalement, ce ne sera que virtuel. On va jouer tout l’album. »


► Le nouvel album d’Antoine Corriveau, Pissenlit, est déjà en vente. Le concert-lancement aura lieu mardi, à 20 h. Les billets sont en vente sur lepointdevente.com.