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Des idées inspirantes pour mieux vivre

Marc Pistorio
Photo Pierre-Paul Poulin Le psychologue et auteur, Marc Pistorio.

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Cinq ans après la publication du best-seller Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es, le psychologue Marc Pistorio propose un livre inspirant et réaliste : Connecté à soi, connecté aux autres. L’ouvrage grand public propose des pistes de réflexion pour aider les gens à traverser la crise actuelle, les amener à se transformer et mieux vivre leur relation à soi et avec les autres.

Ses textes courts parlent d’empathie, de générosité, de gratitude, de créativité. Ils parlent de la solitude, de la vie de couple, des relations familiales, des bouleversements qu’on subit au cours d’une vie. Mais aussi de façons d’y voir plus clair, de relativiser, de se recentrer sur l’essentiel et, ultimement, de s’ouvrir à quelque chose de mieux et de s’épanouir.

Marc Pistorio a adapté son livre au contexte de la pandémie. Il soulève plusieurs points très pertinents en cette période où les relations interpersonnelles sont mises à l’épreuve par le confinement et la distanciation physique. 

« Ça va complètement à l’inverse de l’humain comme être social, parce que dès le début de la vie, on est “précâblés” pour entrer en contact avec les autres. C’est vrai que la pandémie nous ramène directement à la solitude. Ce que j’observe, c’est que pour certains, ça semble être mieux vécu, et pour d’autres, c’est beaucoup plus difficile », dit-il.

« Il y a vraiment toute une catégorie de gens – et je le vois en consultation – qui entrent dans des rationalisations et qui disent : finalement, moi, de toute façon, ça me va, je ne m’ennuie jamais, etc. Et là, on fait une pause et je commence à poser des questions : l’idée n’est pas de reculer sur soi, de se retrancher, mais au contraire de continuer à vivre. »

Le psychologue note que la pandémie crée d’autres problèmes, entre autres celui--- de la solitude. « Que l’on se sente seul, que l’on vive seul, que l’on ait peur ou qu’on ait peu de contacts sociaux, la solitude réduit notre espérance de vie. »

Il constate qu’aux États-Unis, on a déjà noté une recrudescence des dépressions et des troubles de l’anxiété. « En règle générale, l’isolement, s’il devient du retrait social, dans notre manuel de diagnostics, c’est une caractéristique des signes de dépression. »

Les enfants

Les dégâts psychosociaux risquent d’être importants aussi chez les enfants. « L’isolement, la solitude vont aussi à l’encontre de leur énergie d’enfant, parce que l’enfant se définit dans la relation aux parents, aux pairs. L’un des volets développementaux de l’enfant, c’est le développement social, au même titre que le développement physique ou cognitif. »

« Ça veut dire que là aussi, on mesure mal à quel point on va observer des déficiences sociales chez l’enfant. Comment un enfant apprend-il à fonctionner en société s’il n’est pas en contact avec la société ? C’est un vrai problème, et moi, comme psychologue, ça m’inquiète. »

Maintenir les liens

Comment faire pour créer des liens, malgré la pandémie, malgré les restrictions, et sortir des murs de l’enfermement ? « Je pense qu’il est important que chaque adulte, comme parent, comme adulte dans le couple, comme ami, fasse déjà un retour sur sa propre définition de ce qui se passe. »

Au lieu de s’enfermer et de s’isoler, il propose, en considérant ce qui est possible, de voir avec quoi on est à l’aise. « Ce n’est pas possible de se retrouver dans de grands groupes de gens, mais on peut maintenir un cercle d’amis. » Les rencontres à l’extérieur et les routines virtuelles sont à considérer, ajoute-t-il. 

Extrait  

« Il est possible de naître ultérieurement dans la vie, au détour de rencontres marquantes et d’expé-riences intimes positives, et d’éliminer ainsi l’impact négatif d’un début d’existence fragilisant. Si nous mourons là où se vit la répétition compulsive de ce qui détruit et fait souffrir, nous naissons là où se vit l’inspiration libre du présent, dégagée des maux et du passé parasité. Arrêtons-nous sur ce qui assombrit, juste assez pour nous enrichir de ce qui est à comprendre. »


  • Marc Pistorio est psychologue et médiateur.     
  • Il est titulaire d’un doctorat en psychologie clinique et membre de l’Ordre des psychologues du Québec.     
  • Il a publié plusieurs livres et habite maintenant à Los Angeles.