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Journée mondiale de la santé mentale: une année difficile pour les Canadiens

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La Journée mondiale de la santé mentale de samedi s'inscrivait dans un contexte difficile alors qu'une deuxième vague de la maladie à coronavirus frappe le pays.

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Le premier ministre Justin Trudeau a tenu à souligner les investissements de son gouvernement dans les services en soutien à la santé mentale, particulièrement affectée cette année en raison de la pandémie de COVID-19 et de ses effets collatéraux.

Selon les chiffres de Statistique Canada, en 2019, 8,1% des Canadiens âgés de 12 ans et plus décrivaient leur santé mentale comme étant «passable ou mauvaise», une augmentation par rapport aux 5,9% de 2015.

Au Québec, la proportion de gens ayant une santé mentale «passable ou mauvaise» était de 5,2 % en 2019, soit un taux plus bas comparativement à la moyenne canadienne.

Selon le même tableau, la tranche d’âge la plus touchée par ces problèmes au pays est celle des 18 à 34 ans: alors qu’en 2015 6,2% d’entre eux disaient avoir une santé mentale «passable ou mauvaise», le pourcentage a presque doublé depuis et s’est établi à 11,8% en 2019.

Plus récemment, une récente étude de l’Université de Sherbrooke a établi qu’un adulte sur cinq souffrirait de symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété généralisé ou une dépression majeure au cours des dernières semaines. En milieu urbain, c’est un quart des adultes qui vivent avec ces symptômes.

Jean-Rémy Provost, directeur général de l’organisme Revivre, qui vient en aide aux gens atteints d’anxiété, de dépression et de bipolarité, a déclaré en entrevue à TVA Nouvelles samedi avoir vu une «augmentation [...] de 30% du nombre d’interventions». Ce chiffre ne représenterait que la pointe de l’iceberg, selon lui. M. Provost déplore un manque d’argent et de coordination dans le milieu.

Dans la foulée des mesures sanitaires liées à la COVID-19, Justin Trudeau a rappelé l’investissement fédéral de 240,5 millions $ de mai dernier, dédié notamment à la mise sur pied du portail Espace mieux-être Canada, qui permet d’avoir accès à de l’aide gratuite. Il a aussi souligné l’investissement de 500 millions $ dans les ressources en soin de santé mentale dans le cadre du plan fédéral de relance économique annoncé en juillet dernier.

Samedi, le premier ministre a déclaré qu’il «comptait augmenter les ressources» en santé mentale, sans fournir de plus amples détails.

«La Journée mondiale de la santé mentale est aussi l'occasion de célébrer les gens qui travaillent fort pour que les soins de santé mentale de qualité deviennent une réalité dans le monde entier, a déclaré Justin Trudeau. Nous saluons la voix des personnes qui vivent avec un défi de santé mentale, de même que celle de leurs proches. Leurs témoignages sont au cœur des efforts que nous déployons en vue d'améliorer les soins de santé mentale pour tous.»

La ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, a aussi souligné les actions prises par son ministère en vue de mieux gérer la santé mentale chez les travailleurs, incluant l’imposition de nouvelles mesures visant à prévenir le harcèlement et la violence en milieu de travail qui entreront en vigueur en janvier 2021.

Le gouvernement du Québec a annoncé de son côté, le mois dernier, qu’il débloquait 14 millions $ pour renforcer le soutien psychologique offert au personnel du réseau de la santé touché par la crise sanitaire.

En mai, l’ancienne ministre de la Santé Danielle McCann avait aussi réservé une enveloppe de 31 millions $ pour aider les Québécois qui vivent de la détresse en ces temps marqués par l’isolement social.